Publié par : prgdescotesdarmor | 14 mars 2011

Êtes-vous prêt à changer? Le nucléaire en débat

C’est l’opportunité politique du moment : surfer sur la catastrophe nucléaire qui menace l’archipel nippone. En particulier, les mouvements écologistes tirent la sonnette d’alarme, exige un référendum sur la question. Ces réactions sont certes légitimes quand plane la menace d’un nouveau Tchernobyl. Mais au prix de quels sacrifices pour nos petites habitudes?

Nous le savons tous, nous sommes dépendants de l’énergie, pour nos voitures ou nos ordinateurs. Laissons de côté l’industrie pétrochimique, en flamme au Japon et très toxique. Mais passons, le monde a les yeux rivés sur les centrales nucléaires et la filière de production d’énergie électrique. Prenons alors le problème à l’envers. Question volontairement outrancière : combien ont coûté les Révolutions tunisiennes et égyptiennes, dans la mesure où l’on considère que les réseaux sociaux du type Facebook et Twitter y ont joué un rôle? Derrière cette question, il s’agit de se rappeler une chose que l’on a tendance à oublier. Internet consomme beaucoup d’électricité.

Ainsi le fameux réseau social a un facture énergétique mensuelle astronomique : pas moins d’un million de dollars, en 2008. Donc bien davantage aujourd’hui. Facebook, comme d’autres géants de l’Internet a recours à des fermes de serveurs informatiques pour permettre l’accès à toutes les données échangées. Et tout cela chauffe et donc nécessite des stations de climatisation industrielles. On comprend mieux pourquoi Google investit dans le solaire, sans que cela soit suffisant.

A la question initiale, celle des sacrifices à consentir, celle du renoncement à l’informatique serait sans doute souhaitable pour se passer de nucléaire. Mais se passer de nucléaire et donc de l’informatique, c’est du coup se priver des potentialités politiques émancipatrices de l’Internet. On voit ici poindre les effets collatéraux d’un idéal, la sortie du nucléaire, sur un autre, le rôle d’Internet dans la démocratisation.

Et les alternatives? Oui, mais en l’état, elle demeure insuffisante. Ainsi l’exemple allemand et sa sortie du nucléaire : « à l’horizon 2050, le scénario allemand prévoit en effet l’importation de 121 TWh/an, soit le quart de la consommation nationale ». Une vérité donc : si nous sortons du nucléaire, l’Allemagne sera plongé dans le noir… Et ce d’autant plus que nos consommations électriques ne vont pas en se réduisant, à l’image des pompes à chaleur qui remplacent les chaudières à fioul. Implicitement, un autre idéal, la diminution drastique de notre consommation en pétrole. Il aurait sans doute une vertu, celle d’apaiser les conflits aux Moyen-Orient. Une alternative? La voiture électrique, nouvelle star de l’industrie automobile, mais qui présente le grave défaut… de consommer de l’électricité. La sortie du nucléaire, c’est aussi renoncer à la voiture électrique, qui n’est certes pas la panacée.

Toujours est-il que les réactions à chaud ne permettent pas de prendre en compte la complexité de notre dépendance énergétique, pas celle à l’égard de pays producteurs, mais celle à l’égard de notre propre consommation quotidienne. S’il est légitime de s’interroger sur l’énergie nucléaire et les risques potentiels, le regard doit se porter plus loin, sur une réelle politique en matière énergétique, qui doit passer par un appui soutenu à l’innovation assurant l’invention d’alternatives énergétiquement viables.

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