Publié par : bouriot | 8 mai 2009

Elections Européennes: signes forts de Nicolas Sarkozy envers l’électorat UMP

JYLS01-75Fin 2008, alors que la proposition de loi du député Richard Mallié sur l’extension du travail le dimanche rencontrait une réelle opposition dans les rangs des parlementaires UMP, le gouvernement avait reporté sine die l’examen du texte.

On pouvait croire le dossier enterré mais à 6 semaines des élections européennes, le gouvernement revient à la charge sur le travail le dimanche. Le 26 avril, le ministre Brice Hortefeux annonce prochainement le dépôt d’une nouvelle proposition de loi, pour un débat au Parlement en juillet. Sur le contenu, Brice Hortefeux explique que le texte se focaliserait sur les grandes agglomérations où une « habitude de consommation » le dimanche existe ainsi que sur les zones touristiques et thermales. Le ministre du travail indique également qu’il espérait que le texte puisse être applicable « le plus tôt possible ».

Sur le dossier de la baisse de la TVA dans la restauration, le gouvernement a également souhaité aller vite. A partir du moment où l’Allemagne a fait savoir qu’elle ne s’opposerait plus à une baisse de la TVA sur la restauration en France, la promesse du candidat Sarkozy devenait possible.

Le gouvernement a alors travaillé pour une mise en place d’un allègement fiscale au 1er janvier 2010 avec un taux plutôt autour de 10 %. Le 16 mars 2009, plus d’un mois avant les états généraux de la restauration qui devaient entériner la baisse de la TVA en précisant le nouveau taux et de la date de mise en application, l’Elysée indiquait qu’il voulait une mise en application dès le 1er juillet 2009 avec un taux abaissé à 5,5%. Cette accélération, décidée par Nicolas Sarkozy, fait que les pouvoirs publics « ont oublié » de définir les moyens administratifs pour s’assurer de l’efficacité de la mesure vis-à-vis de l’emploi et des prix.

De la part de l’exécutif, on constate donc sur ces deux dossiers, une réelle volonté d’aller vite au risque que le projet de loi sur l’extension du travail le dimanche soit perçu par une grande partie de l’opinion public et de la classe politique comme une provocation et que le l’allègement fiscal en restauration ne soit assorti d’aucun dispositif sérieux de contrôle de la baisse des prix appliquée aux clients.

Cette précipitation du chef de l’Etat n’est autre que la manifestation de signes forts adressés à l’électorat UMP dans le contexte des élections européennes de juin. Le président Sarkozy s’investi personnellement dans cette campagne électorale avec comme enjeu un éventuel succès qui pourrait être analysé comme une satisfaction des français envers sa politique. Pour mobiliser l’électorat UMP, l’Elysée n’hésite donc pas à remettre sur la tapis, en pleine grogne sociale, un texte visant à étendre le travail le dimanche, texte extrêmement défavorable aux salariés et rejeté par une majorité de parlementaires. L’Elysée n’hésite pas non plus, en pleine crise économique majeure, à priver l’état, de 3 milliards d’euros par an, de recette fiscale sans réelles contreparties des restaurateurs et cafetiers sur l’emploi et les prix.

Jean-Yves Le Saout
1er adjoint au maire de Trélévern

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :