
La semaine dernière, pour la commune de Trélévern, j’ai cherché à emprunter 378 000 euros pour financer nos travaux. Bien entendu, un appel d’offres avait été lancé auprès de plusieurs établissements de crédit et la commune de Trélévern a retenu l’offre la plus intéressante. Là n’est pas le problème.
J’aurais bien voulu que la Banque Postale, banque du Service Public, puisse nous faire aussi une offre. Je lui ai demandé, évidemment. Et bien, non. La Banque Postale n’a pas le droit de prêter aux collectivités territoriales. Pourquoi ? Réponse : c’est comme ça.
J’apprends à l’instant que la banque Populaire et la Caisse d’épargne vont se marier et que notre Président de la République va leur donner quelques milliards d’euros (ça devient une habitude), histoire de faire un cadeau de mariage. Bien entendu, il mettra un homme à lui pour diriger le jeune ménage…
J’invite mes collègues Maires et élus (qui voient comme moi, fermer partiellement ou disparaître complètement leur bureau de Poste et de Banque Postale) à poser, à qui de droit, la question suivante : pourquoi pénalise-t-on, au plus haut niveau de l’Etat, la Banque Postale en l’empêchant de faire son travail (qui, je le rappelle est de prêter de l’argent) ?
Pour mémoire, la banque Postale bénéficiait d’un privilège qui était le Livret A. Au nom de l’équité concurrentielle, à grands renforts de publicité, le monopole a cessé le 1er Janvier dernier et toutes les banques peuvent proposer le Livret A. Bon, d’accord, admettons.
Mais alors, pourquoi a-t-on « oublié » de retirer à La Poste ses semelles de plomb ? Pourquoi ne peut-elle pas travailler avec tous les clients ? Pourquoi ne peut-elle pas travailler avec les collectivités territoriales qui sont aussi des clients (et acteurs) du Service Public ?
Pourquoi ? Et bien, si quelqu’un connaît un administrateur de L’A.F.B. (Association Française de Banques), il aura sans doute la réponse ….
En vérité, c’est simple: il s’agit d’une expérimentation de survie en milieu aquatique peuplé de requins affamés. On laisse flotter le service public avec des bouées gonflables (le livret A, les missions de services public, la présence dans toutes les communes de France, etc ..) et des semelles de plomb pour équilibrer le tout. Et puis, depuis une fenêtre de l’Elysée, on tire à la carabine sur les flotteurs (un par un, en fonction de l’humeur du jour) pour vérifier si tout corps plongé dans un liquide en ressort bien mouillé ….
Bon appétit, Messieurs les requins de l’AFB. Vous êtes servis à table par Le Président qui n’aurait pourtant qu’un mot à dire pour stopper cette injustice. Mais, bizarrement, sur ce sujet, il se tait…
François Bouriot
Maire de Trélévern
Président du Parti Radical de Gauche des Côtes d’Armor

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