7 janvier 2010

Alerte sur Dubaï

Alors que Dubaï vient d’inaugurer en grandes pompes son nouveau gratte-ciel – qui pour le coup porte bien son nom -, nous republions un texte d’Honoré Puill, président de la fédération PRG d’Ille-et-Vilaine, mis en ligne sur le blog de Rénovation Radicale. Le “syndrome de Babel” veut que le pays qui construit la tour la plus haute du monde est (presque) toujours victime d’un krach. Constaté un krach est une chose, en subir les conséquences une autre. C’est pourquoi il est rappelé ici la nécessité d’une République Monde et d’introduire dans les relations économiques internationales de règles mondiales de responsabilités humaines, sociales et environnementales.

Faire l’autruche semble être devenu un sport internationalement reconnu. En effet, les dirigeants du monde font semblant de croire que la crise financière est désormais derrière nous et que pire épisode ne pourra plus se reproduire. Erreur ! Aujourd’hui, l’Islande est en faillite, les états baltes sous assistance du Fonds Monétaire International, l’économie américaine sous la dépendance des bailleurs de fonds  Chinois.  Jusqu’à quand ?
Jusqu’à quand pourra t-on ainsi laissé croire qu’il est possible de bâtir une croissance économique sur du sable, sans aucun lien avec la création réelle de richesses et de valeurs ?
Le dernier exemple en date, nous vient de l’Emirat de Dubaï. Depuis quelques années, l’émir Mohammed ben Radid ben el-Maktoum s’est lancé dans un vaste plan de modernisation de son petit émirat. Complexes touristiques, hôtels de luxe, immeubles démesurés….une folie au regard de la géographie et du climat ! Faire du ski à Dubaï a-t-il  un sens ?
Cette nouvelle folie risque bien de coûter cher aux investisseurs occidentaux, à nos entreprises et à l’emploi. Sait-on par exemple que les cuisines Vogica dépendent -par groupe interposé-  de Dubaï World ? Sait-on que l’émirat est très présent en France dans les activités portuaires ? Quant aux banques françaises elles ont aussi investies très largement à Dubaï, sans compter quelques groupes immobiliers français dragués lors des salons internationaux de Cannes !
Ce nouvel épisode démontre à quel point les Radicaux de Gauche ont raison lorsqu’ils militent, depuis de longues années et avant bien d’autres, pour l’instauration d’une République Monde c’est-à-dire pour l’introduction dans les relations économiques internationales de règles mondiales de responsabilités humaines, sociales et environnementales. Nous sommes encore loin du compte. Il ne faut pas désespérer mais l’action devient urgente. En attendant, les pauvres travailleurs immigrés de Dubaï risquent bien de payer l’addition !
Jusqu’à quand pourra t-on ainsi laissé croire qu’il est possible de bâtir une croissance économique sur du sable, sans aucun lien avec la création réelle de richesses et de valeurs ?
Le dernier exemple en date, nous vient de l’Emirat de Dubaï. Depuis quelques années, l’émir Mohammed ben Radid ben el-Maktoum s’est lancé dans un vaste plan de modernisation de son petit émirat. Complexes touristiques, hôtels de luxe, immeubles démesurés….une folie au regard de la géographie et du climat ! Faire du ski à Dubaï a-t-il un sens ?
Cette nouvelle folie risque bien de coûter cher aux investisseurs occidentaux, à nos entreprises et à l’emploi. Sait-on par exemple que les cuisines Vogica dépendent – par groupe interposé – de Dubaï World ? Sait-on que l’émirat est très présent en France dans les activités portuaires ? Quant aux banques françaises elles ont aussi investies très largement à Dubaï, sans compter quelques groupes immobiliers français dragués lors des salons internationaux de Cannes !
Ce nouvel épisode démontre à quel point les Radicaux de Gauche ont raison lorsqu’ils militent, depuis de longues années et avant bien d’autres, pour l’instauration d’une République Monde c’est-à-dire pour l’introduction dans les relations économiques internationales de règles mondiales de responsabilités humaines, sociales et environnementales. Nous sommes encore loin du compte. Il ne faut pas désespérer mais l’action devient urgente. En attendant, les pauvres travailleurs immigrés de Dubaï risquent bien de payer l’addition !
Honoré PUIL

Faire l’autruche semble être devenu un sport internationalement reconnu. En effet, les dirigeants du monde font semblant de croire que la crise financière est désormais derrière nous et que pire épisode ne pourra plus se reproduire. Erreur ! Aujourd’hui, l’Islande est en faillite, les états baltes sous assistance du Fonds Monétaire International, l’économie américaine sous la dépendance des bailleurs de fonds  Chinois.  Jusqu’à quand ?
Jusqu’à quand pourra t-on ainsi laissé croire qu’il est possible de bâtir une croissance économique sur du sable, sans aucun lien avec la création réelle de richesses et de valeurs ?
Le dernier exemple en date, nous vient de l’Emirat de Dubaï. Depuis quelques années, l’émir Mohammed ben Radid ben el-Maktoum s’est lancé dans un vaste plan de modernisation de son petit émirat. Complexes touristiques, hôtels de luxe, immeubles démesurés….une folie au regard de la géographie et du climat ! Faire du ski à Dubaï a-t-il  un sens ?
Cette nouvelle folie risque bien de coûter cher aux investisseurs occidentaux, à nos entreprises et à l’emploi. Sait-on par exemple que les cuisines Vogica dépendent -par groupe interposé-  de Dubaï World ? Sait-on que l’émirat est très présent en France dans les activités portuaires ? Quant aux banques françaises elles ont aussi investies très largement à Dubaï, sans compter quelques groupes immobiliers français dragués lors des salons internationaux de Cannes ! Ce nouvel épisode démontre à quel point les Radicaux de Gauche ont raison lorsqu’ils militent, depuis de longues années et avant bien d’autres, pour l’instauration d’une République Monde c’est-à-dire pour l’introduction dans les relations économiques internationales de règles mondiales de responsabilités humaines, sociales et environnementales. Nous sommes encore loin du compte. Il ne faut pas désespérer mais l’action devient urgente. En attendant, les pauvres travailleurs immigrés de Dubaï risquent bien de payer l’addition !
Jusqu’à quand pourra t-on ainsi laissé croire qu’il est possible de bâtir une croissance économique sur du sable, sans aucun lien avec la création réelle de richesses et de valeurs ?
Le dernier exemple en date, nous vient de l’Emirat de Dubaï. Depuis quelques années, l’émir Mohammed ben Radid ben el-Maktoum s’est lancé dans un vaste plan de modernisation de son petit émirat. Complexes touristiques, hôtels de luxe, immeubles démesurés….une folie au regard de la géographie et du climat ! Faire du ski à Dubaï a-t-il un sens ?
Cette nouvelle folie risque bien de coûter cher aux investisseurs occidentaux, à nos entreprises et à l’emploi. Sait-on par exemple que les cuisines Vogica dépendent – par groupe interposé – de Dubaï World ? Sait-on que l’émirat est très présent en France dans les activités portuaires ? Quant aux banques françaises elles ont aussi investies très largement à Dubaï, sans compter quelques groupes immobiliers français dragués lors des salons internationaux de Cannes !
Ce nouvel épisode démontre à quel point les Radicaux de Gauche ont raison lorsqu’ils militent, depuis de longues années et avant bien d’autres, pour l’instauration d’une République Monde c’est-à-dire pour l’introduction dans les relations économiques internationales de règles mondiales de responsabilités humaines, sociales et environnementales. Nous sommes encore loin du compte. Il ne faut pas désespérer mais l’action devient urgente. En attendant, les pauvres travailleurs immigrés de Dubaï risquent bien de payer l’addition !

Honoré PUIL

30 décembre 2009

Réchauffement climatique : l’inefficacité de la méthode Sarkozy

Nicolas Sarkozy se donne comme objectif la lutte contre le réchauffement climatique. Soit, les objectifs ambitieux, ça ne mange pas de pain. Une nouvelle fiscalité, la Taxe Carbone, est pensée pouvoir modifier les mentalités. Quant à l’accompagnement et aux mesure incitatives, ceux-ci tendent à se réduire. Les radicaux de gauche dénoncent ici la méthode employée.

En matière de lutte contre les dépenses énergétiques, l’Etat dispose de deux leviers : la sanction et l’incitation. Par la première, l’Etat manie le bâton selon le principe du “pollueur-payeur”. Le second, la carotte, vise à une action d’accompagnement vers les sources d’énergie peu polluantes. Le problème n’est donc pas le manque d’action, mais le manque d’équilibre entre sanction et incitation, les deux devant se compléter.

Quand on pense à la taxe carbone, en particulier pour les territoires ruraux, le sentiment d’inégalité prédomine. Un foyer aux revenus limités, où la voiture est le seul moyen de locomotion pour le travail, et chauffé au fioul ne peut totalement modifier ses habitudes de consommation énergétique. Quoiqu’il en soit, le principe est louable est mis en place depuis le début des années 1990 dans les pays scandinaves. Le problème est sans doute la modalité et l’absence de compensation substantielle pour les habitants des zones rurales. L’autre problème, pointée par le Conseil Constitutionnel, est celui de la création de nouvelles niches fiscales pour les secteurs d’activité, au motif du maintien de leur compétivité.

Derrière cela, se cache un problème plus large, crucial. L’action de l’Etat sarkoziste se résume en un abaissement dramatique de la pression fiscale au point que l’Etat ne dispose plus des leviers d’une action publique digne de ce nom. En matière de réduction des gaz à effets de serre et d’incitation, la démarche est beaucoup plus limitée.

Ces incitations se traduisent par une série d’aides, notamment des réductions d’impôt ou des prêts à taux zéro. Toutefois, ces aides tendent à se réduire : le niveau d’aide pour les équipements utilisant la biomasse est passé de 50 à 25 % en deux années (2008-2010). Le prêt à taux zéro, s’il est allégeant, est soumis à des conditions (un bouquet de travaux) qui rendent sa contraction difficile. En somme, le niveau des aides de l’Etat tendent à se réduire.

L’un des exemples d’actualité est la diminution annoncée de l’achat de l’électricité produite par des cellules photovoltaïques, à partir de 2013. Son prix de rachat commencera à diminuer d’environ 8% par an. Ceci rallonge de fait la durée d’amortissement des installations, de manière à les rendre bien moins attractives.

Derrière les discours volontaristes, les choix de Nicolas Sarkozy ont un coût. L’Etat ne dispose plus des moyens de son action, notamment en matière d’écologie, à force de cadeaux fiscaux. Sans réel accompagnement et incitation, seuls les ménages les plus aisés pourront faire les choix permettant la lutte contre le réchauffement climatique. La Taxe Carbone dans ce contexte n’aura pour seul effet que d’accroître la pression fiscale sur les ménages à base revenus… sans effet pour la planète.

20 décembre 2009

Smic : une vraie politique de Droite

A ceux qui espéraient un coup de pouce face à la crise, le gouvernement leur a répondu de manière cinglante : le minimum légal. Pas plus. Les Smicards devront se serrer la ceinture, tandis que d’autres se frottent les mains. “Je veux être le Président du pouvoir d’achat“, qui a dit ça déjà?

Nicolas Sarkozy fait l’éloge continue de sa politique économique. Selon lui, elle aurait permis à la France de mieux s’en sortir. Quand dire c’est faire, il est l’un des meilleurs. Quant à la réalité, elle est bien plus contrastée, à en croire les chiffres du chômage. Ainsi, 93.100 postes marchands ont été détruits entre  juillet et septembre et non pas les 5 500 emplois initialement annoncés.

Bref, la situation est loin d’être glorieuse. On aurait pu espérer une politique plus volontariste du côté de la relance par la consommation, par l’augmentation du Smic. Cette mesure aurait été la bienvenue puisque le constat n’a pas changé  “Le problème de la France aujourd’hui, c’est que les salaires sont trop bas et que les prix sont trop élevés.” (dixit Nicolas Sarkozy).

Remercier les fidèles électeurs

Pourquoi le refus d’une telle augmentation? Officiellement, comme l’explique l’ancien ministre ministre du Travail, de la Solidarité, le risque que ferait peser toute augmentation (et non pas seulement une revalorisation) du Smic sur l’emploi, les PME et TPE ne pouvant faire face. Tiens, tiens… Dans quel secteur y en a-t-il beaucoup? La restauration. Donc si on suit l’argument d’Hortefeux – porte-parole du Medef et de Laurence Parisot, les restaurants ne se relèveraient pas d’une augmentation du Smic, alors qu’en même temps ils ont bénéficié des largesses de l’Etat.

Non, l’argument ne convainc pas. S’il ne faut pas regarder du côté de l’intérêt général, voyons le particulier. Les seuls a bénéficié d’une simple revalorisation du SMIC sont ces mêmes PME, au premier rang desquels les restaurateurs. Lorsque prime l’intérêt particulier en action publique, c’est du clientélisme. Ce que nous rappelle Libération : “Et avec la TVA à 5,5, vous prendrez bien une carte UMP?

Les restaurateurs ont eu le plaisir de recevoir dans leur boîte aux lettres un courrier du parti majoritaire ne tarissant pas d’éloge sur la profession, qui «participe au rayonnement de la France dans le monde entier». Courrier accompagné d’un… bulletin d’adhésion à l’UMP, bardé du slogan «TVA à 5,5%, engagement pris, promesse tenue».

Pour les Smicards, ils peuvent méditer sur la maxime de Charles Pasqua : “les promesses des hommes politiques n’engagent que ceux qui les reçoivent“…

14 décembre 2009

Taxe professionnelle et industrie : “Sarkozy se fout du monde” (A. Juppé)

Nicolas Sarkozy se targue d’avoir su gérer la crise et d’avoir remis la France sur les rails. Championne de la relance ! S’auto-congratuler, ça ne mange pas de pain… Toutefois, quand on gratte un peu, la situation est moins critique qu’ailleurs. C’est que suggère Patrick Artus, un économiste, dans les colonnes de Libération :

L’économie française est moins cyclique que ses voisines, plus centrée sur son marché intérieur, moins dépendante de l’extérieur. (…) La désindustrialisation de la France l’a préservé des dégringolades notées ailleurs. (…) Plus tournées vers les services, moins sensible à la conjoncture, la France a connu un choc moins fort.

Soit. La France tire son épingle de la disparition de son industrie. Les effectifs salariés du secteur ont diminué de 574.500 depuis leur pic du printemps 2001. Et cette déperdition d’emplois s’est accélérée depuis le printemps 2007 : en deux ans, l’industrie a perdu 200.000 emplois.

Pourquoi alors sacrifier les collectivités locales et leurs finances pour une industrie en voie de disparition? Lutter contre cet état de fait ? “Garder nos usines en France et permettre à nos industriels de se battre à armes égales avec leurs concurrents étrangers”? Cela signifierait que des entreprises optant pour la délocalisation reviendraient sur leur décision grâce à ce  cadeau fiscal. Difficile à croire. Sans doute aurait-il été plus sage de réformer dans le sens de cette transformation de l’économie. Cela ne colle.

La réponse est, semble-t-il, donnée par Alain Juppé : “Sarkozy se fout du monde.” La suppression de la Taxe professionnelle dans un pays désindustrialisé, un enjeu bassement politique. Mettre fin à la décentralisation et mettre aux pas les élus locaux dans une République des Préfets. L’équation est simple : plus de finances publiques propres = plus de pouvoirs locaux = plus de contre-pouvoir.

10 décembre 2009

Identité Nationale ? Les Radicaux de Gauche préfèrent parler d’Identité Républicaine

La Fédération du Parti Radical de Gauche des Côtes d’Armor entend dénoncer les dérives engendrées par le “débat sur l’identité nationale”, lancé par le gouvernement et l’UMP et appellent les citoyens et les élus à ne pas participer au débat sur “l’identité nationale”.

Pour les Radicaux de Gauche, la seule identité qui vaille est l’identité Républicaine, basée sur les valeurs qui fondent notre “vivre ensemble” : la liberté, l’égalité, la fraternité et la laïcité. Or, n’oublions pas que les Radicaux sont à l’origine de grandes lois qui constituent le socle des valeurs républicaines : la loi de 1901 sur la liberté d’association, la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat, ou encore les lois sur l’enseignement primaire gratuit, laïque et obligatoire, sur la liberté d’expression, ou sur les conseils municipaux. En d’autres termes, le Radicalisme est consubstantiel à l’idée Républicaine.

Si la France est ce qu’elle est aujourd’hui, c’est parce qu’elle est une République, fondée sur l’égalité des droits et des devoirs et qui ne peut cohabiter avec des considérations ethniques ou religieuses.

Le débat officiel instauré par la préfecture et qui mobilise nos concitoyens plus que de raison, tend à se transformer en vaste café du commerce, à l’image des propos scandaleux tenus par le maire UMP d’une commune de la Meuse, ou des tentatives de certains élus de droite d’importer en France la polémique sur les minarets.

Face à la France frileuse proposée par le ministère de l’immigration et de l’identité nationale, les Radicaux de Gauche proposent une République ouverte, laïque et solidaire. Ils auront l’occasion de démontrer l’actualité de leurs valeurs à l’occasion d’un grand colloque sur l’identité Républicaine, où intellectuels, citoyens et responsables politiques débattront de cette identité et en montreront les différents visages. Ce colloque aura lieu fin janvier 2010 à Paris.

10 décembre 2009

Les finances grecques dans le rouge : une malheureuse “opportunité”?

Les Etats sont victimes d’un des effets collatéraux de la crise financière de l’automne 2008. Le temps de l’Etat interventionniste au secours de la finance et du marché passé, il lui est prodigué une cure d’amaigrissement. Derrière le discours sur la nécessaire maîtrise des dépenses publiques et la Dette, épouvantail infondé, un enjeu majeur se profile. S’assurer de la privatisation de multiples secteurs où l’Etat intervient. La crise pourrait avoir comme conséquences malheureuses l’accélération d’un mouvement amorcé à la fin des années 1970.

Aujourd’hui, c’est la Grèce qui est montrée du doigt. En cause, les finances publiques : les Etats ont du faire une croix sur la maîtrise des dépenses publiques pour pallier à la vacance des banques. Celles-ci renflouées, c’est donc l’Etat qui paye les pots cassés. Et à travers elle, le contribuable-administré-citoyen.

Il est dès lors difficile de ne pas voir une certaine convergence d’intérêts. Autour de la remise en cause d’une certaine conception interventionniste de l’Etat qui dispose des moyens de ses actions à un Etat régalien resserré sur quelques compétences symboliques : diplomatie et forces extérieure (armée) et intérieure (forces de l’ordre). En somme un Etat gendarme. Les propos tenus par le ministre socialiste des finances grecques donne le sentiment d’une excuse et d’une promesse pour remédier à la situation. Le gouvernement socialiste grec fera “tout ce qu’il faudra” pour recouvrer la crédibilité perdue du pays et retrouver la confiance des marchés.

L’Etat face au marché, celui-ci impose les règles du jeu, même en cas de sa propre défaillance. Il ne s’agit pas pour autant de poser le marché comme une entité concrète. Elle n’est que le produit des échanges économiques. Or, dans ceux-ci, il y a une convergence actuelle, depuis la fin des années 1970 et le tournant néo-libéral, à faire en sorte que l’Etat assume moins de responsabilité et en délègue aux acteurs économiques. Concrètement, cela se traduit par la multiplication des délégations de services publics dans tous les secteurs.

Un exemple? L’enseignement. Peu à peu, à force de réformes anodines, les programmes sont allégés de sorte que le nombre d’enseignants soit réduit. Mais là où cette entreprise est plus importante, c’est pour les personnels peu visibles, notamment ceux qui assurent l’entretien des bâtiments ou la restauration collective. Les Régions, à qui l’Etat à transférer ces compétences sans une totale contrepartie financière, se voit dans l’obligation de faire assurer ces fonctions par un personnel employé dans des conditions de travail délabrées et avec le minimum salarial.

Toujours est-il que la crise est une aubaine pour les penseurs néo-libéraux et les ayatollahs du marché. Les Etats qui se sont endettés pour soutenir l’économie font devoir se serrer la ceinture pour renflouer leurs caisses. Aujourd’hui, la crise est l’argument-clé. Moins de croissance, donc moins de recettes fiscales. Soit. Il faudra attendre des jours meilleurs. Entre temps, les Etats auront fait une cure d’amaigrissement en réduisant leur masse salariale et en transférant peu à peu certaines de leurs prérogatives au secteur privé.

8 décembre 2009

L’histoire géo en danger : vers la fin de la fabrique du citoyen

La disparition de l’histoire géographie en terminale S est une mesure inquiétante. C’est la première fois dans l’histoire du système éducatif français que l’histoire géographie disparaît en classe de terminale, donc aux épreuves finales du bac. Cette décision constitue une remise en cause de l’utilité sociale de l’histoire et de la géographie que les radicaux de gauche contestent avec ardeur.

L’enjeu est clairement exprimé par les signataires de l’appel du JDD :

“Au moment où le président de la République et son gouvernement jugent urgent de lancer un grand débat sur l’identité nationale qui doit mobiliser le pays, cette mesure va priver une partie de la jeunesse française des moyens de se faire de la question une opinion raisonnée grâce à une approche scientifique et critique, ouvrant ainsi la voie aux réactions épidermiques et aux jugements sommaires.”

L’histoire et la géographie sont des disciplines fondamentales qui donnent sens, qui mettent en perspective, éduquent au sens critique, inscrivent l’humanité dans le long terme et dans l’espace, font réfléchir et nourrissent la citoyenneté. Le PRG demande que le président de la République interviennent pour affirmer la place de cet enseignement essentiel dans toutes les filières et toutes les classes de terminales comme un enseignement obligatoire, évalué à l’épreuve terminale du baccalauréat, afin que tous les jeunes, y compris ceux qui se dirigeraient vers une carrière scientifique aient cette nécessaire conscience qui donne sens à leur action et à leur vie.

C’est la raison pour laquelle nous apportons tout notre soutien à la pétition lancée par l’Association des professeurs d’histoire-géographie et à l’appel pour sauver l’histoire conçu par une vingtaine d’universitaires et chercheurs de renom.

30 novembre 2009

Historique du Parti Radical de Gauche

Notre mouvement est à la fois le plus ancien parti politique français et un des plus jeunes. Fondé en 1973, il se rattache, par ses origines, son esprit et son nom, à une tradition qui remonte au milieu du XIX ème siècle. Le radicalisme et les radicaux jouent en effet un rôle essentiel dans la vie politique française depuis près d’un siècle et demi.

Les Radicaux contre la monarchie
Sous la restauration et sous la monarchie de juillet, des hommes comme GARNIER-PAGES, LEDRU-ROLLIN, sont les premiers en France à se proclamer “radicaux”, parce qu’ils sont partisans de réformes en profondeur. Ils sont fiers d’être “les fils” de la Révolution Française dont ils affirment vouloir tirer “toutes les conséquences”. Ce sont eux qui animent la gauche et même l’extrême du “parti républicain”. A la fin du second empire, une nouvelle génération, mieux adaptée à la société industrielle naissance, prend la relève: Jules Simon, Jules Ferry, Jules GREVY et surtout GAMBETTA. Le programme que GAMBETTA soumet en 1869 à Paris aux élections de Belleville résume l’essentiel des réformes proposées à cette époque par les radicaux de gauche. Beaucoup sont encore d’actualité.

Les radicaux, défenseurs et fondateurs de la III ème république

Sous la III ème république, les radicaux, unis sous la direction de GAMBETTA contre l’ordre moral et le régime autoritaire de MAC-MAHON, se divisent après 1880, lorsque la république appartient enfin aux républicains.

C’est CLEMENCEAU qui prend la tête de la tendance de gauche, cependant que Jules Ferry et GAMBETTA se tournent vers le centre et vers “l’opportunisme”. Jusqu’en 1902, les radicaux, qui n’hésitent jamais à s’associer aux gouvernements de défense républicaine contre le boulangisme et la montée du nationalisme, après le scandale de Panama, et plus tard contre l’agitation d’extrême droite provoquée par l’affaire DREYFUS, sont bien plus souvent dans l’opposition qu’au pouvoir. Pourtant, c’est l’esprit du radicalisme qui inspire les grandes lois de cette période où la démocratie politique s’organise et se structure: loi de 1881 sur la liberté d’expression, loi de 1884 sur les conseils municipaux et sur les syndicats, lois sur l’enseignement primaire, gratuit, obligatoire et laïque, révision de la constitution de 1875, loi sur les associations.

Création du Parti radical-socialiste
En 1901, sous l’impulsion de Léon Bourgeois notamment, personnalité respectable et respectée, homme politique courageux qui, cinq années auparavant, alors qu’il était président de conseil, avait proposé au Parlement, sans succès d’ailleurs, le vote “d’un impôt progressif sur le revenu” les radicaux décident de fédérer leurs diverses tendances et de s’organiser pour gagner les élections législatives de 1902 qui doivent être décisives dans une France où s’opposent “bloc des gauches” et “bloc des droites”. Le parti “républicain, radical et radical-socialiste” est crée. Il tiendra pendant quarante ans le premier rôle dans la vie politique française.

Les trois grands chefs du radicalisme avant la première guerre: COMBES, CLEMENCEAU, CAILLAUX
Dans la “France radicale” d’avant la guerre de 1914, trois noms jalonnent l’action politique. COMBES d’abord, le “petit père” Combes, modeste et énergique, anticlérical mais spiritualiste fervent, symbole de la lutte pour la liberté de penser. Gouvernant, après la victoire de la gauche en 1902, en s’appuyant sur une majorité regroupant les progressistes dissidents, les radicaux, les radicaux-socialistes et les socialistes de JAURES, il liquide la question des congrégations. Un peu plus tard, en 1905, alors qu’il n’est plus au pouvoir et que les socialistes ont rompu le bloc des gauches, c’est son esprit qui inspire la loi de séparation des Eglises et de l’état, qui donne une assise juridique à la laïcité de l’état.

La deuxième grande figure du Parti radical-socialiste durant cette période est le vieux lutteur Georges CLEMENCEAU. Après le succès des radicaux aux élections de 1906, il devient président du conseil. Il gouverne avec fermeté, à la fois contre la droite et contre les socialistes, dans les remous d’une agitation sociale grandissante. Mais le parti radical, une fois acquise la victoire de la laïcité, se divise. CLEMENCEAU en démissionne en 1909. Aux élections de 1910, les radicaux perdent des voix et des sièges. Alors apparaît Joseph CAILLAUX, grand bourgeois, fils d’un ministre de MAC-MAHON, mais esprit généreux et passionné de paix. Président du Conseil en 1911, il concentre ses efforts sur l’impôt sur le revenu qui sera voté quelques années plus tard, sur une politique de détente et de négociation avec l’Allemagne et sur le refus de prolongation de trois ans de la durée du service militaire. Inspecteur des finances nourri de chiffres, il donne au parti, lorsqu’il en a été élu président en 1913, un visage plus moderne et un peu technocratique.

Les radicaux au pouvoir après la première guerre mondiale: HERRIOT
Après la guerre, où il tient efficacement sa place dans “l’union sacrée”, le vent qui souffle vers la droite et le nationalisme ne favorise pas d’abord le Parti radical-socialiste. Mais, relevé très vite de son échec provisoire aux élections de 1919, il occupera entre les deux guerres le devant de la scène politique de manière presque ininterrompue. Dès 1923, Edouard HERRIOT sera l’artisan de ce réveil et demeurera la figure dominante du parti jusqu’en 1940 et même bien au-delà. Edouard DALADIER jouera à ses côtés et parfois contre lui un rôle non moins prestigieux, mais souvent décisif. Durant cette période, le parti radical-socialiste a été presque toujours associé au pouvoir. S’alliant tantôt à droite, tantôt à gauche, il a pu donner l’impression qu’il pratiquait volontairement, pour s’y maintenir, une politique de bascule. C’est que situé à la charnière de toutes les majorités possibles, campant plus du quart des députés, dominant beaucoup de grandes villes et de nombreux conseils généraux, son concours était nécessaire pour préserver toutes les vicissitudes de la politique, une certaine stabilité politique et pour éviter les affrontements brutaux.” C’est peut-être un Parti Radical qui a manqué à l’Espagne en 1936″. C’est la revue “Esprit” pourtant bien éloignée du radicalisme, qui a écrit ces lignes.

D’ailleurs, malgré l’étendue des responsabilités qu’il a alors assumées, malgré l’inévitable “pourrissement” du pouvoir, le personnel radical fut -tous les historiens le reconnaissent- consciencieux et honnête, soucieux des affaires de l’état et fidèle à sa philosophie politique.

Le bilan de l’action des radicaux est largement positif. HERRIOT a été un ministre des Affaires étrangères lucide et passionné de justice internationale. Le reconnaissance de l’U.R.S.S., la liquidation du contentieux avec l’Allemagne, le renouveau de l’Alliance avec l’Angleterre et les Etats-Unis, les efforts poursuivis tenacement pour donner à la Société des nations une efficacité réelle, la résistance à l’impérialisme de l’Italie fasciste et aux entreprises guerrières de l’Allemagne hitlérienne témoignent de sa volonté de paix, de son patriotisme et de sa clairvoyance.

HERRIOT a été un excellent ministre de “l’Instruction Publique”. Il a, un des premiers, compris l’importance capitale de l’enseignement technique et son projet de l’école unique constitue l’amorce d’un système cohérent englobant tous les niveaux de l’Education Nationale sans barrière, ni cloisons : idée féconde dont on n’a pas fini de tirer toutes les conséquences. Quant à Jean ZAY, les initiatives qu’il a prises quand il était ministre du Front populaire permettent de voir en lui le précurseur d’une organisation moderne et démocratique de l’enseignement.

LE FRONT POPULAIRE
Même dans le domaine économique et social, malgré l’atmosphère d’une époque où le vent soufflait dans cette direction, les radicaux peuvent à juste titre inscrire à leur actif quelques réalisations importantes. Faute de pouvoir atteindre tous les objectifs qu’ils proposaient dans leurs programme ils n’ont jamais disposé, même en 1924, d’une majorité cohérente et résolue sur ces problèmes. ils ont approuvé, voté ou fait voter plusieurs lois qui allaient dans le sens de leurs propositions, notamment les lois sur les assurances sociales et les allocations familiales.

DECLIN ET RESURRECTION DU RADICALISME APRES LA DEUXIEME GUERRE MONDIALE
L’immédiate après-guerre fut une période difficile pour le parti radical. Il supportait presque à lui tout seul la droite était, en apparence du moins, absente de la carte polémique-le discrédit qui pesait alors sur la III me république. On oubliait qu’il avait donné, comme tous les partis, de nombreux résistants à la patrie et même quelquefois des héros comme Jean MOULIN. Pour beaucoup de français, il incarnait un passé que l’on voulait oublier.

Patiemment, quelques hommes, groupés autour d’Edouard HERRIOT, d’Edouard DALADIER, d’Henri QUEUILLE, luttèrent contre le “tripartisme”, ce système qui instituait autour du général de GAULLE, puis sans lui et bientôt contre lui, le partage du pouvoir et de l’état entre les trois partis qui dominaient alors la scène politique: le M.R.P., la S.F.I.O. et le Parti Communiste. En 1947, les radicaux reprennent audience et influence: HERRIOT est élu président de l’Assemblée Nationale, et Gaston MONNERVILLE président du Conseil de la République. La rupture du tripartisme qui rejette les communistes dans l’opposition et la constitution autour du Général de GAULLE d’un Rassemblement qui déclare la guerre au pouvoir en place, les rendent de nouveau indispensables à la constitution d’une majorité. Ils retrouvent, avec André MARIE, Henri QUEUILLE, René MAYER, Edgar FAURE, le chemin de la présidence du Conseil.

LE GOUVERNEMENT DE MENDES-FRANCE
En juin 1954, après une première investiture manquée quelques semaines plus tôt, Pierre MENDES-FRANCE constitue un gouvernement. Ses sept mois d’exercice du pouvoir, tant par son style d’action que par les décisions prises, marqueront profondément le pays. Il trancha des problèmes que l’on avait laissé pourrir: la guerre d’Indochine, le réarmement de l’Allemagne, l’indépendance de la Tunisie. “Gouverner c’est choisir”. Cette leçon qu’il donnait par ses actes rejoignait la tradition des radicaux fondateurs de la République, hommes de gouvernement et hommes d’état. En même temps, son refus des idées toutes faites et sa volonté de rechercher, en dehors des sentiers battus, des solutions neuves aux problèmes économiques et financiers, retrouvaient les sources du véritable esprit radical.

Pierre MENDES-FRANCE marqua aussi profondément la vie du parti Radical. Il lui donna des structures plus solides et surtout un esprit et un élan nouveaux. Le rayonnement de son action et le prestige de sa personnalité attirèrent de nombreux français séduits par la clarté de ses conceptions politiques et par la vigueur de ses initiatives. C’est un parti rajeuni et plein d’ardeur qui affronta les élections de 1955 allé au sein du “Front républicain” avec la S.F.I.O. et quelques rescapés du naufrage du R.P.F.

DE GAULLE AU POUVOIR, LES RADICAUX DANS L’OPPOSITION

Après l’échec du Front républicain qui, victorieux aux élections, se brisa, malgré les efforts de MENDES-FRANCE, sur la guerre d’Algérie, la voie était ouverte au Général DE GAULLE. Son arrivée au pouvoir rejeta les radicaux, après quelques mois d’hésitation, dans une opposition de principe à un régime de caractère autocratique, contre lequel Gaston MONNERVILLE dressa, en 1962, au congrès de VICHY, à propos du référendum sur l’élection du Président de la République au suffrage universel, un réquisitoire d’une éloquence passionnée et d’une argumentation étayée. Contre ce régime qu’il condamnait, le Parti Radical mena le combat avec toutes ses forces. Il soutint la candidature de Gaston DEFERRE à la présidence de la République en 1965 et après le retrait du leader socialiste, celle de François MITTERRAND. Membre à part entière de la Fédération de la Gauche démocrate et socialiste, aux côtés de la S.F.I.O. et de la Convention des Institutions républicaines de François MITTERRAND., il profita en 1967, du courant qui portait le pays vers la gauche, mais il subit durement le contrecoup des événements de 1968.

NAISSANCE DU MOUVEMENT DES RADICAUX DE GAUCHE

En 1969, la nomination de Jean-Jacques SERVAN-SCHREIBER au secrétariat national lui donna un élan nouveau qui retomba un an plus tard après la malheureusement candidature de son nouveau leader contre CHABAN-DELMAS à Bordeaux. En 1971, le parti socialiste se rénove et se rajeunit sous la direction de François MITTERRAND. Il s’ouvre aussi vers sa gauche en entamant des conversations avec le parti communiste. Les Radicaux, sont une fois de plus, à la croisée des chemins. Il leur faut choisir entre l’union de la Gauche qui se prépare et l’alliance avec le centre. C’est l’enjeu du Congrès de Suresnes, dont Jean-Jacques SERVAN SCHREIBER sort victorieux. Robert FABRE et la plupart des députés radicaux, refusant de se laisser pousser à droite, convaincus qu’une politique de réformes est impossible sans alliance avec les grands partis de gauche, conscients aussi des servitudes du scrutin majoritaire, concluent un pacte avec le parti socialiste et, quelques mois plus tard, signent le programme commun, après avoir obtenu de leurs partenaires la rédaction d’une annexe reprenant les thèmes majeurs du radicalisme.

En mars 1973, les électeurs leur donnent raison : le pays se divise en deux blocs, ruinant les espoirs de ceux qui espéraient pouvoir éviter le choix difficile entre droite et gauche. En décembre 1973, un Congrès extraordinaire décide de la création du Mouvement des Radicaux de Gauche. Quelques mois plus tard, le M.R.G. est le premier parti de la gauche unie à demander à François MITTERRAND de poser sa candidature à la présidence de la République.

Sous la présidence de Robert FABRE, le MRG fait entendre, aux côtés des socialistes et des communistes, un discours réaliste, celui d’une gauche qui valorise l’initiative et privilégie l’individu et les libertés. Avec la candidature de Michel CREPEAU à l’élection présidentielle de 1981, le MRG propose aux Français un programme, l’Avenir en face, attaché au libéralisme en matière économique, vigoureusement progressiste en matière sociale, soucieux des libertés individuelles et du respect de l’environnement. Au sein des gouvernements de gauche depuis 1981, les radicaux participent à la mise en oeuvre des grandes réformes qui font entrer dans la réalité les idéaux d’humanisme et de solidarité. En 1984, sous l’impulsion de Jean-Michel BAYLET, le MRG prend l’initiative d’un regroupement des radicaux et des écologistes pour les élections européennes. La liste Entente Radicale Ecologiste propose aux Français la mise en place des Etats-Unis d’Europe, pour une Europe plus forte, plus démocratique et plus solidaire. En 1988, les radicaux de gauche soutiennent la candidature de François MITTERRAND. En 1992, Jean-François HORY est élu au Congrès de Lyon afin de redonner une visibilité politique au M.R.G.

Au prix d’une rénovation interne très forte et à la faveur de l’adhésion au mouvement de Bernard TAPIE, le M.R.G. conduit une liste en 1994 pour les élections européennes qui totalisera plus de 12,5 % des voix. Cette élection permet aux radicaux de faire connaître à de nouvelles couches de la population le message radical. Le M.R.G. devenu RADICAL lors du Congrès du Bourget en 1994, Parti Radical Socialiste en Août 1996 puis Parti Radical de gauche en 1998 cherche à renouveler les idées.

En 1997, les Radicaux participent à la victoire de la Gauche Plurielle (PS-PC-Verts et MDC) et comptent à l’issue de ces élections 15 députés et un groupe à l’Assemblée Nationale présidé par Michel CREPEAU, député-Maire de La ROCHELLE. Avec deux ministres au gouvernement -Emile ZUCCARELLI,et Jacques DONDOUX les Radicaux participent aux réformes conduites par Lionel JOSPIN.

Au mois de Juillet 1999, François Huward remplace Jacques Dondoux au Secrétariat d’Etat au Commerce Extérieur. En Mars 2000, Emile Zuccarelli quitte le gouvernement et le Ministère de la Fonction Publique. Le P.R.G. sera représenté au gouvernement par Roger-Gérard Schwartzenberg comme Ministre de la Recherche, de la Technologie et de l’Espace. François Huward conserve le Secrétariat d’Etat au Commerce extérieur.

Le Premier Décembre 2001, lors d’une convention nationale, le Parti Radical de Gauche décide de se lancer dans la course des élections présidentielles de 2002 en présentant la candidature de Christiane TAUBIRA, députée de Guyane. Elle recueillera 2,3 % des suffrages exprimés. La gauche est éliminée du second tour de l’élection présidentielle, Jacques CHIRAC s’installe à l’Elysée pour un mandat de cinq ans. Lors des élections législatives de Juin, la gauche est défaite. Le P.R.G compte neuf députés au lieu de 12.

Le Parti Radical de Gauche réunit à Toulouse en congrès les 4, 5 et 6 Octobre 2002 réaffirme son autonomie tout en considérant que dans le contexte politique du moment il doit jouer sereinement un rôle moteur d’initiative pour le rassemblement de la gauche.

Lors des élections régionales de 2004, les Radicaux de Gauche enregistrent une progression du nombre de leurs conseillers régionaux mais une stabilisation du nombre de leurs conseillers généraux. Lors des élections européennes de juin 2004, le Parti Radical de Gauche présente trois listes. Les têtes de listes seront Jo Le Guen pour la circonscription Ouest, Christiane Taubira pour l’Ile de France et Julien Duquenne pour le Nord Ouest.

Les 11 et 12 Décembre 2004, lors du Congrès de Lyon, les Radicaux de Gauche reconduisent à la présidence du Parti Jean-Michel Baylet. Ce dernier a alors un double objectif : réorganiser le parti et démontrer l’actualité des valeurs et des propositions des radicaux de gauche. Le congrès approuvera également le principe d’une candidature radicale de gauche au premier tour de l’élection présidentielle de 2007.

Mais deux ans plus tard, les 20 et 21 Octobre 2006, lors d’un congrès extraordinaire le Parti Radical de Gauche décide de soutenir le candidat du Parti Socialiste dès le premier tour de l’élection présidentielle en échange d’un accord législatif et programmatique. Christiane Taubira, députée de Guyane, qui souhaitait défendre les couleurs du radicalisme de gauche lors de l’élection présidentielle de 2007 n’obtient pas le soutien du Parti Radical de Gauche. Lors des élections législatives de juin 2007, le P.R.G. compte 8 députés qui siègent au sein du groupe Socialiste, Radical et Citoyens présidé par Jean-Marc Ayrault député socialiste de Nantes. Aux municipales et cantonales de 2008, le nombre d’élus radicaux de gauche est en augmentation. Au sénat, le renouvellement partiel de septembre 2008 verra l’élection de 5 nouveaux sénateurs portant à 11 le nombre des sénateurs radicaux de gauche. Les sénateurs radicaux de gauche siègent au sein du groupe du Rassemblement Démocratique, Social et Européen. Ce groupe constitué majoritairement de sénateurs radicaux de gauche est présidé par Yvon Collin, sénateur prg de Tarn-et-Garonne. En 2009, le Parti Radical de Gauche décide de ne pas présenter de listes aux élections européennes du mois de Juin. Cette dernière orientation provoque des remous dans le parti.

23 novembre 2009

5,5% dans la restauration : un contrat caduque?

La baisse de la TVA de 19,6 % à 5,5 % dans la restauration est sujette à caution. D’une part, la mise en oeuvre est largement critiquée, le restaurateurs n’ayant semble-t-il pas joué le jeu ni auprès de la clientèle, (une baisse de  1,46%) ni dans le recrutement de personnel. A priori, un cadeau tombé directement dans le tiroir-caisse des restaurateurs, sans passer par la case redistribution.

Photo : thomas mcgowan

En ces temps de vaches maigres sur le front des recettes publiques, la mesure pourrait être annulée. L’emploi du conditionnel se justifie dans la mesure où l’amendement n’a aucune chance d’être voté. N’empêche, cet amendement voté par la commission des finances du Sénat a le mérite de jeter un pavé dans la marre.

Poser cette question, c’est d’une part poser la République comme l’ensemble du corps social, l’action de l’Etat dans ce cadre, et d’autre part questionner les responsabilités assumées des parties de ce corps aidées dans le soutien de l’ensemble. Au coeur de cette remise en cause, le contrat moral que devrait honorer le secteur de la restauration.

L’argumentaire proposé par le principal syndicat des restaurateurs (UMIH) est qu’une telle annonce risque de troubler les négociations salariales entre restaurateurs et salariés. En d’autres termes, après 4 mois de réduction, aucun accord n’a été entériné. Il est alors légitime de se demander si l’octroi d’une telle aide fiscale n’aurait pas du être conditionnée à un accord préalable.

Plus largement, il s’agit ici d’une question d’économie politique, qui se trouve par ailleurs au coeur de la Réforme Territoriale et la suppression annoncée de la Taxe Professionnelle. Un pari risqué consiste à estimer que la réduction de la pression fiscale sur les entreprises se traduit automatiquement par des bénéfices économiques et sociaux. Quant à une relance par la consommation, celle-ci est inconcevable en l’état. La raison est simple et avancée par Marx dans Salaire, prix et profit : “une hausse générale du niveau des salaires entraînerait une baisse générale du taux des profits, mais ne toucherait pas en somme au prix des marchandises.” Si on inverse et détourne quelque peu cette phrase : une hausse  du taux des profits entraînerait une absence d’augmentation proportionnelle des salaires et une stabilité du prix du service… CQFD pour la restauration?

2 novembre 2009

Grève des sans-papiers

Les sans-papiers occupent ce jour des préfabriqués situés sur le chantier de la tour Axa, dans le quartier d’affaires de la Défense, nous apprend Le Monde. Leur mobilisation, on-ne-peut-plus légitime, semble porter ses fruits, aidés par le Conseil d’Etat.

Le premier point est que la mobilisation des sans-papiers permet de rappeler les conditions trop restrictives de l’accès aux papiers. La circulaire de janvier 2008 prévoyait en effet la régularisation d’un étranger travaillant dans l’un des 30 métiers «en tension». Ceux-ci sont pour la plupat des métiers qualifiés (informaticiens, géomètres, chefs de chantier…). Ce qui exclut les travailleurs sans-papiers des secteurs du bâtiment, nettoyage, sécurité, restauration… En somme, des papiers pour les étrangers qualifiés. Pour les autres, des charters.

Le second point, visible en filigrane dans le papier du Monde, est le relent d’esclavagisme, entendu comme forme d’organisation économique. Les entreprises concernées sont les mêmes (nettoyage industriel, bâtiment, restauration, etc.) pour des emplois délaissés par des individus qualifiés. Les laisser sans papiers, c’est donc la possibilité pour l’employeur de ne pas déclarer les éventuels accidents du travail et s’assurer d’une main-d’œuvre totalement flexible. Leur donner des papiers aurait des répercussions économiques que l’Etat ne veut pas assumer (assurance chomage, maladie et vieillesse).

Ce refus a incontestablement un effet pervers. La flexibilité désirée entretient la circulation de la main d’œuvre à l’échelle intercontinentale : accepter en tant de croissance, refluer en temps de crise. Et à travers cette circulation, l’infrastructure par laquelle elle transite (passeurs, etc.). “L’esclave était donc le bien le plus lucratif de son temps, à la fois produit et moteur économique. La main-d’œuvre esclave (…) a constitué le moteur de développement et la source de richesse de l’ensemble des sociétés coloniales.” Dans une certaine mesure et à une échelle plus réduite, ce constat vaut toujours…

30 octobre 2009

La réforme territoriale, un enjeu éminemment politique

La réforme territoriale contient de nombreuses dispositions en apparence anodines mais qui constituent une atteinte grave à la décentralisation. Ainsi, sur l’élection des conseillers territoriaux, il est prévu une élection de 80% d’entre eux au scrutin uninominal et de 20% à la proportionnelle calculée sur la base des voix obtenues par les candidats au scrutin uninominal (qui auront déclaré leur rattachement à une liste). On a fait plus simple…

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Derrière cette complexité, se cache une machine de guerre contre la Gauche. Pourquoi? Parce qu’on passe d’un mode de scrutin à deux tours à un mode avec un seul tour avec un zest de proportionnel. Le scrutin à deux tours, qui tend  à la bipolarisation, a permis de combiner richesse et diversité des courants politiques avec efficacité de gouvernement. Le passage à un scrutin à un seul tour imposerait à terme un bipartisme de fait à la sauce anglaise, marginalisant tous les autres partis.

Et pour la Droite, c’est tout benef. Depuis quelques moins, l’UMP a entrepris de verrouiller la Droite, avec les entrées récentes des chasseurs et du MPF de Philippe de Villiers dans la majorité présidentielle. La Gauche quant à elle a perdu son centre historique, du fait de la montée en puissance (à confirmer) des Verts et la constitution d’un Front de Gauche (PCF-Parti de gauche-Gauche unitaire).

Résultats :
1/ c’est la mort annoncée des petits partis qui se construisent localement ;
2/si l’UMP et Sarkozy remportent les élections de 2012 (présidentielles + législatives), 2014 verrait la concentration des pouvoirs centraux et locaux entre leurs mains.

29 octobre 2009

François Bouriot répond à Jean-Yves de Chaisemartin

fb_1047_f11[1]J’ai lu avec attention les différents messages que Jean-Yves de Chaisemartin, Maire de Paimpol, a communiqués dans la presse à propos de sa toute récente adhésion au Parti Radical Valoisien.
Je ne peux que me réjouir du fait que Le Maire de Paimpol adhère ouvertement à l’idéologie Radicale. En ce qui me concerne, cet engagement politique, laïc, humaniste, républicain et démocrate est le mien depuis toujours, publiquement, dans la parole comme dans les actes.
Rassembler dans un courant d’idées les hommes et les femmes de bonnes volontés au service de la République et des citoyens est effectivement un des axes prioritaires de la pensée Radicale.
Cependant, je me dois de souligner que Jean Yves de Chaisemartin reconnaît (voir articles de presse), «qu’aujourd’hui, le Parti Radical Valoisien est affilié à l’UMP». Dans ce contexte et puisque Jean Yves de Chaisemartin cite plusieurs fois le PRG dans ses interventions, je me permets de rappeler que le PRG (Parti Radical de Gauche) est le Parti Français de Centre Gauche, Parti indépendant et libre. Ce qui n’est malheureusement pas le cas du Parti Radical Valoisien (appelé aussi tout simplement Parti Radical « tout court », d’où parfois la confusion entretenue par certains…) dont le Président est Jean Louis Borloo …. Ministre d’État du Président Sarkozy.
Chacun pourra évaluer le niveau d’indépendance que l’on peut avoir vis à vis de l’UMP (ou de l’Élysée, c’est pareil !) quand on est membre d’un parti dont le Président est Ministre d’État d’un gouvernement UMP, même s’il se veut d’ouverture …
Il faudra donc que les Radicaux Valoisiens veuillent bien un jour clarifier leur position (en se désolidarisant officiellement de l’UMP) avant de rejoindre dans l’action, comme le souhaite Jean Yves De Chaisemartin, le Parti Radical de Gauche. D’ici là … je crains bien que 2012 soit passé …
A titre d’exemple et pour bien montrer qu’il ne s’agit pas que de simples problèmes de vocabulaire, je rappelle que Xavier Martin Le Chevalier, Maire de Trégastel, Président du Parti Radical Valoisien des Côtes d’Armor, a soutenu officiellement la liste UMP aux dernières élections sénatoriales de 2008 alors que le P.R.G. présentait une liste…
Ce qui ne m’empêche pas de renouveler toute ma sympathie Radicale à Jean Yves de Chaisemartin en lui confirmant que les militants du PRG22 sont disposés à entretenir avec lui de bonnes relations (comme d’ailleurs avec tous nos interlocuteurs politiques) pour défendre et faire évoluer les valeurs fondamentales du Radicalisme qui lui, par principe, est Libre, Républicain et …sans fil à la patte.

François Bouriot
Maire de Trélévern
Président du Parti Radical de Gauche des Côtes d’Armor

21 octobre 2009

Une recentralisation inacceptable

La réforme territoriale présentée aujourd’hui par le Président de la République n’a aucun sens ! Le chef de l’Etat devrait concentrer ses efforts à lutter contre les dégâts économiques et sociaux provoqués par la crise financière internationale plutôt que de vouloir laisser son nom dans l’Histoire en proposant une réforme anachronique et néfaste.

Alors que tous nos voisins européens avancent chaque jour vers une organisation institutionnelle plus décentralisée, le pouvoir se lance dans une opération de recentralisation et de reprise en main des collectivités locales sans précédents. De plus cette réforme repose sur des a priori inexacts : affirmer que le « millefeuille » à la française fonctionne mal, que les élus coûtent cher, que les financements croisés sont à proscrire. tout cela est faux et dangereux, voire anticonstitutionnel.

Enfin le choix du Président de la République de mener de front la réforme administrative, la réforme fiscale, la réforme des compétences et la réforme électorale est une manière de verrouiller le débat parlementaire. En effet, toucher à l’une des propositions du gouvernement revient à mettre à bas tout l’édifice et l’économie générale du projet.

Nous n’accepterons pas de passer le cou dans le noeud coulant de cette réforme, en silence.

Jean-Michel Baylet, Président du PRG

20 octobre 2009

Le meilleur des lobbyistes

Nicolas Sakozy avait annoncé il y a quelqes mois au sortir d’une crise financière, où l’argent pubic avait servi à renflouer les caisses des banques en faillite, la moralisation du capitalisme. A grand renfort de communicaion, il nous promettait le changement. Force est de constater que les pratiques n’ont guère évolué. Pire l’Elysée s’échine à conserver les avantages du secteur bancaire.

Deux mesures pleine de bon sens et de justice sociale sont dans l’air du temps. Taxer les bénéfices générés par l’activité bancaire et modifier le bouclier fiscal. Dans les deux cas, la même stratégie de communication : “Non, mais…”

Un “Non, mais” pour les banques. Pour ces dernières, hors de question de toucher à ce secteur. Des compensations sont déjà à l’oeuvre. L’Etat a prêté 5,1 milliards à BNP Paribas en novembre dernier, il l’a fait en renonçant à ses intérêts sur les actions touchées en échange. La différence ? Des broutilles : au lieu de percevoir 6 milliards d’euros, les finances publiques recevront… 226 millions d’euros d’intérêts. Mais c’est déjà ça, nous dit-on…

Un “Non, mais” pour le bouclier fiscal. Les députés s’y intéressent. Hors de question d’y toucher. Mais le gouverment fait diversion en s’en prenant à quelques niches fiscales dont il fallait de toute façon se débarasser. Lutte contre le réchauffement climatique oblige, “il n’y aura plus d’avantage fiscal si l’immeuble concerné n’est pas labellisé “basse consommation”.

Tout cela parait grostesque, autant que les arguments avancés. Pour les banques, c’est la sacro-sainte compétitivité internationale qui est brandie. Pour Bercy, “elle réduirait la compétitivité des banques françaises et de la Place financière de Paris, affaiblissant leur capacité à investir et à financer les entreprises et les particuliers, au moment où ils en ont le plus besoin.” Difficile de souscrire à cet argument quand les banques refusent de financer l”économie et que l’Etat s’est privé d’outils permettant une relance par sa capacité d’investissement. Le contribuable? La double peine : plus de finance publique, donc plus de soutien de l’Etat. Plus de soutien de l’Etat, donc plus de possibilité d’emprunt.

Pour le bouclier fiscal et l‘UMP, c’est la défense de la valeur “Travail”, objectant qu’il n’est pas tolérable qu’un individu reverse plus de 50% de son revenu. Toutefois, il semble pas que sa conception du travail soit bien vague. Un rentier qui fait “travailler” ses placements est mis au même niveau qu’un travailleur oeuvrant pour la production de richesse. Pas sûr que ce dernier se sente au même niveau.

Quoiqu’il en soit l’Elysée et le Gouvernement mènent la même politique de la diversion. Certains veulent réformer et moraliser un système libéral? On promet des miettes et on sur-communique dessus. Tout en se gardant bien de toucher aux privilèges de quelques-uns.

17 octobre 2009

Le désespoir des agriculteurs

fb_1047_f11[1]Le gouvernement a sa part de responsabilité dans les raisons qui poussent les agriculteurs à manifester aujourd’hui, estime François Bouriot (président départemental du Parti Radical de Gauche, Maire de Trélévern et Vice-président de Lannion Trégor Agglomération). En effet, différentes mesures gouvernementales ont détricoté les systèmes nationaux qui protégeaient la production agricole vis à vis des fluctuations des cours mondiaux et des déséquilibres des marchés.

Rappelons que la crise qui frappe les éleveurs laitiers a été aggravée par la décision de Bercy d’interdire la fixation professionnelle du prix du lait.

Dans le même temps, la loi de modernisation de l’économie (LME), censée améliorer la pouvoir d’achat des Français, a surtout déséquilibré les rapports de force en donnant plus de pouvoir encore à la distribution, secteur pourtant déjà très concentré.

On ne peut que s’étonner de la naïveté du clan gouvernemental. Dernièrement, le président UMP de la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale, Patrick Ollier, affirmait que la LME était « contournée par des méthodes inacceptables » dans le cadre des relations entre agriculteurs et distributeurs.

Ne cherchons pas de bouc émissaire ni du côté des distributeurs, qui utilisent les outils que le gouvernement a bien voulu mettre à leur disposition, ni du côté de la Commission européenne, face à laquelle les Ministres de l’Agriculture de l’ère Sarkozy ont défendu une position libérale de la production, inédite dans l’histoire hexagonale.

C’est bien le gouvernement et sa visée ultra-libérale qui met aujourd’hui les agriculteurs dans la rue.

François Bouriot
Maire de Trélévern – Président du Parti Radical de Gauche des Côtes d’Armor

17 octobre 2009

Union de la Gauche : la nécessité d’une politique ambitieuse en matière d’emploi

Roger-Gérard Schwartzenberg, président d’honneur du Parti radical de Gauche (PRG), va présenter ce samedi sept actions pour l’emploi lors de la journée de débat de la gauche organisée par le Parti socialiste (PS) à Paris, dans le but de dégager les bases d’un projet commun pour la gauche. Ces sept propositions s’articulent autour de cinq grands thèmes.

1. Lancement au 1er janvier 2010 d’un second plan de relance pour pallier les insuffisances du plan actuel adopté fin 2008 et complété en février 2009, en encourageant l’investissement mais aussi en soutenant plus fortement la consommation.

2. Modulation de l’imposition des entreprises profitables en fonction de leur politique de l’emploi et l’arrêt des suppressions d’emploi dans la fonction publique, en particulier à l’Education nationale.

3. De nouvelles garanties pour les salariés doivent être adoptées, citant notamment des parcours d’activité sécurisé pour garantir la continuité des droits des salariés et la création d’un grand service public des ressources humaines, associant Etat, collectivités et groupements d’acteurs économiques.

4. Soutien à l’emploi des jeunes, avec par exemple la relance des emplois-jeunes ou la création d’une allocation d’autonomie pour les étudiants non ou peu aidés par leur famille.

5. Lancement d’une stratégie européenne pour l’emploi par un emprunt européen, au lieu du grand emprunt purement national, ainsi qu’un Code international de l’emploi et de la protection sociale élaboré par l’OIT.

16 octobre 2009

Revue de presse “Plus on creuse, plus il y a bel et bien une affaire des sondages de l’Elysée.”

Une histoire de gros sous pour quelques sondages commandés par l’Elysée.
“En juillet 2009, la Cour des comptes avait révélé que l’Elysée avait passé un contrat de 1,5 million d’euros avec le cabinet de conseil Publifact de Patrick Buisson. Ce cabinet commandait ensuite des sondages à plusieurs instituts, notamment Opinion Way, pour le compte de la présidence. Mais ces enquêtes étaient également publiées dans des termes similaires par Le Figaro et LCI. L’Elysée avait alors été accusé d’utiliser l’argent public pour des sondages publiés dans leur quasi-intégralité dans ces médias.” (Le Monde.fr)

“Plus l’Elysée tente de s’expliquer et de se justifier, plus c’est l’enlisement. L’audition du directeur de cabinet du Président de la République en Commission des Finances [...] a confirmé non seulement les irrégularités [...], mais, pire qu’un système de connivence, le soupçon d’une vraie manipulation. Jusqu’ici on s’inquiétait du fait que les sondages Opinion Way payés par l’Elysée étaient publiés par Le Figaro et sur LCI pour influencer le débat politique. Aujourd’hui, on nous dit ouvertement que les questions étaient écrites par Monsieur Buisson.” (Le blog de Delphine Batho)

16 octobre 2009

Des dangers de la Réforme territoriale et de la nécessité d’informer

Le président de la République annoncera dans quelques jours et sous le vocable de « réforme », la mise à sac des grandes lois de décentralisation à l’ouvre depuis près de 30 ans dans notre pays.

Cette démarche historique et irréversible risque de se faire sans consulter la population et

supprimerait, à terme, départements et régions au profit de Conseils territoriaux gérés par des élus éloignés des citoyens puisque les cantons seront totalement redécoupés.

Quant à la réforme fiscale, elle sera débattue au Parlement dans les jours qui viennent. Si elle votée, elle privera les collectivités locales de la quasi-totalité de leurs ressources dynamiques en supprimant la Taxe professionnelle et en empêchant les départements de lever d’autre impôt que le Foncier bâti.

Nous avons la responsabilité collective d’alerter nos concitoyens car demain, il sera trop tard.

Aux yeux des élus PRG du Conseil général d’Ille-et-Vilaine, il appartient maintenant au président de l’Assemblée départementale de s’élever fortement contre ces projets meurtriers pour les collectivités locales. Le temps de la simple dénonciation des désengagements de l’Etat est révolu. Aujourd’hui, nous te disons : « bats-toi » !

Notre département qui a fait montre d’un grand dynamisme en mettant en ouvre des politiques innovantes depuis 2004 fera partie de ceux qui seront complètement asphyxiés par ces réformes.

A quelques jours de l’intervention du président de la République, il nous paraît urgent que soit portée très fortement la voix du département d’Ille-et-Vilaine et nous demandons au président du Conseil général :

- d’annoncer les périls qui guettent et frapperont financièrement l’ensemble de nos partenaires car nous n’aurons plus les moyens de notre politique à cause de décisions qui ne dépendent pas de nous.

Pour se faire :

- d’organiser des Assises départementales d’information sur les conséquences des réformes en cours afin de mobiliser nos partenaires et l’ensemble de nos concitoyens pour, notamment, les inviter à interpeller les parlementaires.

Ils souhaitent que les Comités Consultatifs départementaux soient saisis de cette problématique car il est de notre devoir d’expliquer aux acteurs de la société civile les enjeux de ces réformes.

Les élus Radicaux de Gauche du Conseil général demandent que soient, notamment, réunis pour ces Assises, les acteurs :

o du monde de l’entreprise car le département ne pourra plus rester le premier investisseur sur son territoire ni poursuivre son ambition en faveur du développement économique ;

o du monde associatif car le département ne pourra plus assurer son rôle dynamique ni en soutien aux projets ni en appui aux emplois ;

o du monde politique car le département ne pourra plus contribuer aussi largement aux Contrats de territoire ni au guide des aides, clefs de voûte du partenariat communes/département et garant de l’équité à l’échelle du territoire.

D’autre part, les élus radicaux refuseront désormais de voter les délibérations impliquant une demande de financement croisé émanant de l’Etat.

Cet immense travail pédagogique doit entraîner une dynamique pour mettre en échec les projets gouvernementaux et placer les parlementaires devant leur responsabilité historique.

5 octobre 2009

LA DÉMOCRATIE ÉTOUFFÉE

fb_1047_f11[1]Alors même que la crise financière et économique impose la solidarité de la puissance publique, le Président de la République veut imposer trois réformes à contrecourant.
La privatisation de la Poste d’abord : accélérant la disparition des bureaux de poste de nos campagnes et des zones urbaines fragiles, elle symbolise l’affaiblissement systématique du rôle des services publics.
La suppression de la taxe professionnelle ensuite, qui va principalement favoriser les groupes cotés en bourse : en transférant sur les ménages un milliard d’euros d’impôts et en privant l’économie locale du soutien des collectivités, l’Etat s’attaque ici aux entrepreneurs locaux et aux citoyens.
Enfin, avec la réforme des collectivités, la majorité UMP-Nouveau Centre va anesthésier la démocratie locale : en supprimant les communes et les conseillers généraux et régionaux, le projet prévoit la disparition des élus ruraux qui travaillent pourtant sans compter et sans esprit partisan. Avec ces mesures, le Président de la République persiste dans son erreur historique : il va abattre notre modèle social, affaiblir le tissu économique et étouffer la démocratie. Il confirme ainsi qu’il préfère le culte de l’argent roi et l’absence de règles d’intérêt général à la solidarité Républicaine.

C’est l’inverse qu’il faut faire : pour soutenir l’emploi, l’économie, les territoires et assurer le mieux-être des citoyens, il faut des services publics présents, des collectivités locales dynamiques et un tissu de PME, d’artisans et de commerçants forts.

Il est temps que la gauche responsable, celle qui ne nie pas l’économie de marché mais veut sincèrement la réguler, relève la tête, s’unisse et propose donc cette alternative crédible et humaniste aux Français : les radicaux de gauche y prendront toute leur part !

23 septembre 2009

vendre deux bouteilles de lait pour acheter une bouteille d’eau

Michel PriziacVendre deux bouteilles de lait pour acheter une bouteille d’eau. Tel est le sort actuel fait aux producteurs de lait. En réponse, trop de lait = chute des cours. N’est-il pas venu le temps de partager le fait que la pression d’un système porté par les ailes volantes de la dénommée rentabilité des portefeuilles d’actions doit cesser de broyer les acteurs de l’économie réelle. Hors du réel, que reste-t-il ?


Le système fait deux catégories de victimes : les producteurs en tous genres et les consommateurs. Baisse des prix pour les premiers, stabilité pour les seconds. La différence entre départ et arrivée des produits augmente donc mathématiquement. Chacun dans l’intervalle a de bonnes raisons de se servir ; considérer le voisin qui, pourtant, est proche est devenu si ringard que lui tendre la main devient faiblesse et démagogie. Passe encore de le dire, mais le faire devient stupide et populiste. En parler publiquement sans se faire photographier est déjà un exploit.
Alors, d’aucuns pensent encore qu’il faut « diminuer les coûts de production ». Conception d’un autre temps consistant surtout à oublier terre et animaux au point, il y a quelques années, de faire manger de la viande aux bovins et ,pourquoi pas demain, de faire boire aux vaches leur propre lait après en avoir ôté la crème pour alimenter les castreurs de poux.
Pourtant, des solutions existent comme à tout problème à condition de placer l’humain et, en l’occurrence ici, l’animal en sujets essentiels des préoccupations. Saint Système, peut-être mal invoqué, s’est éloigné de ceux qui travaillent au quotidien dans le seul but de se nourrir et de se loger ce qui demeure les fondamentaux d’une vie humble sur cette terre

23 septembre 2009

Avenir de LA POSTE le 03 Octobre 2009

fb_1047_f11[1]La Fédération des Côtes d’Armor du Parti Radical de Gauche appelle les élus du département (maires, conseillers généraux et régionaux, parlementaires) à s’opposer vigoureusement au projet de réforme de la Poste.
La privatisation de La Poste remettrait en cause, à terme, le service universel du courrier, auquel les Français sont légitimement attachés. Elle aggraverait encore la pression déjà forte sur les conditions de travail du personnel, qui se sont dégradées ces dernières années. Elle compromettrait le financement du transport de la presse qui, d’ailleurs, ne donne satisfaction ni aux clients ni aux éditeurs de journaux. Elle constituerait, enfin, une rupture brutale et unilatérale du contrat qui lie La Poste aux maires, au moment où beaucoup d’entre eux viennent, par la mise en place d’agences postales communales, d’accepter à contrecœur de se substituer à l’opérateur public défaillant.

Les élus locaux doivent se mobiliser nombreux afin d’adopter des vœux dans leurs conseils municipaux mais aussi organiser des votations citoyennes, contre cette privatisation rampante, le 3 octobre prochain.

François Bouriot
Maire de Trélévern
Président de La fédération 22 du Parti Radical de Gauche.

22 septembre 2009

Le PRG en route vers les Régionales

En vue des élections régionales, le PRG s’est réuni à Loudéac afin de fixer les grandes orientations programmatiques. Les journaux locaux, au premier rang desquels le Télégramme de Brest, en ont relayé les grandes lignes.

Les présidents de fédération devant la presse

“Samedi, à Loudéac, la préparation des élections régionales de mars prochain, était au coeur des travaux des responsables de la fédération bretonne du parti radical de gauche (PRG). Pas question de faire cavalier seul en présentant des listesPRG. «Fin octobre, nous comptons aboutir à un programme s’inscrivant dans la majorité régionale actuelle, avec nos partenaires traditionnels du PS. Nous verrons si nous pouvons parvenir à un socle commun. La majorité du conseil régional est plurielle. Chaque parti peut apporter sa contribution. L’objectif est d’aborder ces élections dans le cadre d’une union la plus large possible», explique Johan Theuret, son président.

Laïcité, services publics et économie sociale

La plus-value du PRG? «D’abord la promotion de la laïcité». Le parti radical de gauche va, ainsi, travailler sur la création d’un Institut breton de la laïcité, «synonyme de liberté de conscience». Il entend, aussi, défendre les services publics. «Il faut des vigies républicaines car il y a des limites à ne pas franchir. Si on commence à démanteler le service public, aucune marche arrière ne sera possible», souligne François Bouriot, président costarmoricain de la fédération. Les quatre fédérations (22,29, 35et 56) participeront, d’ailleurs, à la consultation nationale du 3octobre contre le changement de statut de La Poste (par votation directe). Au niveau des transports ferroviaires, le PRG souhaite aller plus loin en matière de politique tarifaire: «en alignant le prix du TGV sur celui du TER, par le biais d’une convention avec la SNCF». Enfin, Honoré Puil (35) prône une économie sociale et solidaire: «entre ceux qui veulent une économie libérale et ceux qui foncent à gauche toute, il y a de la marge. L’économie doit rester au service de l’homme». Les responsables comprennent le désarroi des producteurs de lait et soutiennent leurs revendications.”

20 août 2009

Algues vertes : curatif et préventif vont de pair

fb_1047_f11[1]L’Etat, par la venue médiatique et médiatisée du premier ministre François Fillon en baie de Saint Michel en Grève, semble enfin réagir et, nous l’espérons, agir pour lutter contre le fléau que constitue la prolifération des algues vertes.
Les causes techniques sont connues et reconnues : l’apport excessif de nitrates dans les cours d’eau. Ces nitrates proviennent des résidus de l’agriculture intensive (en sol et hors-sol) mais, peut-être pas uniquement… Il faut maintenant prendre le problème à bras le corps et cela va coûter très cher, mais c’est une priorité absolue. Le Parti Radical de Gauche des Côtes d’Armor, au delà des promesses qui ont été faites par le Premier ministre, souhaite que des moyens financiers importants soient enfin réellement débloqués pour lutter contre ce fléau en ramassant pour le moment d’une manière moins archaïque les algues vertes et surtout, en mettant les moyens nécessaires pour que nos agriculteurs et nos éleveurs puissent se reconvertir à une agriculture et à un élevage respectueux de la nature afin de s’attaquer à la cause du problème tout en gérant efficacement les conséquences . Ce problème est un problème national et pas uniquement local. Tirer à boulets rouges sur les agriculteurs bretons n’est pas une solution : il faut maintenant les aider financièrement à effectuer très rapidement cette mutation complète. L’Etat est responsable de cette situation car il a encouragé ce type de production pendant des décennies par des subventions massives. Et puis, en tant que simples consommateurs, nous sommes aussi un peu “complices”, mais complices sans le vouloir et sans nous en rendre compte. En effet, nous ne voulons pas payer cher nos aliments mais beaucoup d’entre nous ne savaient pas qu’en voulant payer toujours moins cher ce que nous mangeons, nous encouragions de fait cette agriculture intensive et nocive et ce productivisme à outrance. Il faut que cela change, que cela change vite et durablement. Voilà pourquoi, pour le Parti Radical de Gauche, ce cauchemar n’est pas un problème exclusivement breton (encore moins Trégorrois) et que nous considérons que l’Etat doit prendre en charge, au titre de la solidarité nationale, et le curatif ( ramassage efficace des algues) et le préventif (aide à la reconversion durable de l’agriculture et de l’élevage).

François Bouriot
Maire de Trélévern (commune littorale)

17 août 2009

Le Radicalisme: d’hier à aujourd’hui, une pensée d’avance !Michel Crépeau, précurseur de l’écologie politique

Dans cette série, qui nous permettra de passer en revue la plupart des grands hommes politiques radicaux, nous pourrons découvrir que bien des débats d’aujourd’hui où souvent l’on s’englue, ne sont pas nouveaux. Très souvent, les Radicaux ont proposé des solutions qui emportent désormais l’intérêt voire l’adhésion du plan grand nombre.
La pensée radicale a conservé de ses origines le qualificatif “radical”, hélas dénaturé en France mais qui garde son sens fort chez la plupart de nos voisins européens. Elle est en effet par essence révolutionnaire et innovante car elle se fonde sur une analyse critique et objective de la situation sociale, économique ou scientifique et non sur une vérité officielle ou conformiste, imposée par les rapports de force partisans du moment.

A l’inverse du “socialisme”, dont nul ne sait précisément aujourd’hui ce qu’il recouvre, le radicalisme est d’abord et avant tout une philosophie, celle de l’Humanisme. C’est sur cet humanisme que se fondent les principes de la pensée et de l’action radicale : liberté d’esprit donc laïcité, volonté de pratique et non de seule contestation, caractère évolutif et souple qui puisse prendre en compte l’évolution de la société humaine mais aussi constance dans la hiérarchisation des valeurs. La notion d’équilibre est également essentielle chez nous car une société est nécessairement plurielle si elle doit être harmonieuse.

Les politiques radicaux que nous étudierons sont des penseurs, élus, parlementaires auteurs de lois importantes voire fondatrices s’inscrivant dans une perspective équilibrée et raisonnable d’évolution de la société. Ils sont bien loin des porte-étendards de telle ou telle cause cherchant avant tout à faire avancer un débat particulier de façon exclusive et parfois caricaturale.

Si nous avons choisi Michel Crépeau pour inaugurer cette série, c’est qu’il est exemplaire à beaucoup d’égards. Décédé le 30 mars 1999 en plein débat à l’Assemblée Nationale, Michel incarnait dans sa vie politique et même peut-on dire dans sa vie en général, le comportement radical. Aujourd’hui encore son image, identifiée souvent à celle de “sa” ville de La Rochelle, reste prégnante. Pourquoi ?

Tout simplement parce qu’il a su, bien avant d’autres qui en ont fait depuis leur cheval de bataille, initier mais aussi faire avancer par la pratique du pouvoir local, les grands principes du développement durable, de la protection de l’environnement, de la promotion des énergies renouvelables et enfin de la nécessité d’une action qui soit internationale si elle veut être efficace.

Bonne lecture à tous

Michel CREPEAU fut maire de La Rochelle de 1971 à 1999, député (radical de gauche apparenté socialiste) de la Charente-Maritime de 1973 à sa mort et ministre de l’Environnement de 1981 à 1983. Michel fut également président du MRG (Mouvement des Radicaux de Gauche) de 1978 à 1981.
Tout en lançant très tôt (1971 !) une action qu’on qualifierait aujourd’hui, d’une façon parfois un peu méprisante, d’environnementaliste, il a très rapidement élargi le débat, aussi bien sur le fond que géographiquement.

Il s’est inévitablement heurté très rapidement aux lobbies de l’Etat, des constructeurs automobiles français (qui jusque voici deux ou trois ans ont tout fait, avec la complicité de Bercy, pour que l’automobile électrique ne se diffuse pas avant de retourner leur veste) ou de certains milieux maritimes qui, jusqu’à peu, ont obtenu au nom du sacro-saint principe de la liberté des mers que la France reste à la traîne en matière de diffusion de la préoccupation écologique.

Qu’aujourd’hui certains politiques gesticulent pour rattraper, en termes de communication, le temps qu’ils ont fait perdre à l’époque ne trompe plus personne. Quant à ceux qui s’estiment dépositaires exclusifs des idées écologiques, nous démontrons ici que leur prétention est, pour le moins, excessive.

Mais laissons les initiatives de Michel parler d’elles-mêmes

Dans son livre intitulé « L’Avenir en face » daté de 1980.
Michel Crépeau entreprend de défendre une approche environnementale de la politique à travers des propositions réellement novatrices, qu’il tentera de mettre en œuvre au cours de son mandat de député.

Pour lui, l’énergie relève d’un choix de société et doit être déclarée (nous ne sommes alors qu’en 1980) ” grande cause nationale “. Son approche innovante de la politique énergétique se base sur 3 principes que l’on retrouve par exemple dans le Grenelle de l’environnement.

1) Une politique d’économie de l’énergie :

- Utiliser des transports publics électriques non polluants
- Réduire l’éclairage public (ce que l’on appelle aujourd’hui la pollution lumineuse)
- Encourager les initiatives locales (car Michel Crépeau en ses qualités d’élu local avait compris très tôt que l’efficacité des politiques d’économie d’énergie se gérait au plus près des gens)

2) Une diversification des ressources :

- Axer la recherche sur le développement d’énergies renouvelables telles que l’énergie solaire et géothermique, ce qui permettrait de créer des emplois et d’exporter des techniques à l’étranger.

- Se servir des déchets naturels et de la nature elle-même (forêt) comme carburant pour chauffer le milieu rural (ce que l’on appelle aujourd’hui respectivement du compost et de la biomasse).

3) Un contrôle de l’énergie nucléaire :

- Décréter un moratoire sur les nouvelles constructions de centrales nucléaires tant qu’une solution à l’élimination des déchets radioactifs n’était pas trouvée.
- Informer et consulter plus largement les citoyens pour tout projet relatif au nucléaire.
-
Si ces propositions nous paraissent aujourd’hui évidentes, penser la politique à travers des mesures écologiques et environnementales dans les années 70/80 relevait presque de l’hérésie ou du fantasme.
Michel Crépeau était donc un précurseur en matière d’environnement mais il était aussi un visionnaire en matière « d’aménagement durable » et ces quelques phrases nous le prouvent une fois de plus :

Parlant de l’aménagement du territoire il disait : ” Les urbanistes de l’an 2000 vont devoir songer à des cités reconstruites sur la base d’unités de quartiers au sein desquelles on puisse se déplacer à pied en cinq ou dix minutes et où l’on trouvera regroupées les différentes activités nécessaires à la vie. “

Or cette vision de l’aménagement est précisément celle à laquelle sont parvenue les urbanistes et les politiques, aujourd’hui confrontés au problème de l’étalement urbain et de celui des déplacements massifs et quotidiens des travailleurs, sources de destruction de zones naturelles et de pollution.

Au cours de son mandat de député de Charente-Maritime :
En tant qu’homme de conviction, Michel Crépeau aura su provoquer le débat et faire évoluer la législation relative à la protection de l’environnement.
Dès 1973 il critique déjà le manque de volonté politique, l’insuffisance de l’effort financier ou encore l’absence de définition d’une véritable politique énergétique qui caractérisent alors la classe politique française.

Cette même année, il propose que toute nouvelle installation de traitement des ordures ménagères s’accompagne soit de la récupération des matières réutilisables, soit de la création de compost végétal. Cette proposition ne sera pas retenue et il faudra attendre la fin des années 90 pour voir ces mesures codifiées.

Il proposera également en 1998 l’application d’un taux réduit de la TVA aux opérations portant sur des véhicules fonctionnant au moyen de la seule énergie électrique.

Dans le cadre de ses responsabilités de ministre de l’écologie de 1981 à 1984 :
Dès son arrivée au gouvernement de Pierre Mauroy, Michel Crépeau réclame une augmentation des crédits de son ministère afin de mener une politique environnementale forte et ambitieuse.

Il contribue en 1982 au vote de la France pour la Charte mondiale de la nature à l’Assemblée générale des Nations-Unies, texte ambitieux qui préfigure les sommets de la Terre de 1992 et 2002.

Il est aussi à l’origine des lois « Littoral » et « Montagne » visant à préserver ces espaces désormais considérés comme menacés.

Tout au long de son activité de maire de La Rochelle.
Michel Crépeau a, là encore, été pionnier en matière d’environnement et ses réalisations ont souvent servi d’exemple pour d’autres grandes villes en France.

Voici quelques exemples de ces réalisations:

• 1973 Mise en place d’un système de recyclage des déchets

• 1975 Déclaration du Centre Ville “secteur sauvegardé” et mise en place du premier secteur piétonnier en France

• 1976 Lancement d’un libre service de 400 “vélos jaunes” municipaux, toujours utilisés aujourd’hui

• 1981 Contrat avec le Ministère de l’Environnement pour la lutte contre le bruit

• 1986 Première utilisation au quotidien des véhicules électriques, généralisée depuis à La Rochelle (250 véhicules aujourd’hui).

• 1989 Développement d’actions pédagogiques et éducatives en relais-nature et création d’un Service Environnement.

• 1995 Mise en place de la location de voitures électriques au public et création d’une deuxième Réserve Naturelle (20 Ha de zones humides)

• 1997 Lancement à La Rochelle de première journée sans voitures (initiative reprise en 1998 par le ministère de l’Environnement). En 2007, c’est la seule ville à poursuivre cette initiative.

- Lancement d’un bac électrique et solaire pour le service du port
- Ratification de la Charte pour l’Environnement de l’Agglomération rochelaise

Comme on le voit, Michel CREPEAU, esprit radical par excellence, fut un précurseur de l’écologie politique de l’après-guerre. Mais on rencontre aussi chez lui, conformément à notre philosophie, deux préoccupations. L’une, qui est d’intégrer ses idées à l’action quotidienne globale et non d’en faire une “spécialité” gommant toute autre préoccupation.

C’est ainsi qu’il batailla pour désenclaver l’Ile de Ré au travers du fameux pont et cela n’a pas forcément aidé sa popularité politique. L’ile de Ré est probablement moins sauvage aujourd’hui et c’est dommage pour les touristes. Mais que serait devenue l’économie rhétaise sans ce pont, c’est aussi une question que l’on peut se poser.

La seconde, c’est de porter l’action de progrès au niveau le plus pertinent : local, régional, national ou international. Ayant été maire, député mais aussi chef de formation politique, cela lui était plus facile. Mais combien de dirigeants aujourd’hui arrivent à trouver cet équilibre entre travail régional, combat national et vision internationale équilibrée ?

Sachons en tous cas nous inspirer de son exemple. La Région est un niveau pertinent pour travailler au mieux des problématiques qui intéressent ses citoyens : logement, écologie et transports, emploi, formation et bien d’autres encore.

Dans les équipes qui animent et animeront nos Régions pour une nouvelle mandature, les Radicaux sauront apporter une vision digne de Michel : esprit critique mais positif, novateur, fidèle aussi et avant tout à l’idéal humaniste et social qui doit rester le fil conducteur du radicalisme du XXIème siècle.

17 août 2009

Parité Hommes-Femmes et effectifs restreints

jyls01-75[1]« Je constituerai un gouvernement de quinze ministres et pas un de plus… Bien sûr, avec la parité hommes-femmes.» Voilà ce que déclarait le 25 avril 2007Nicolas Sarkozy candidat à la présidence de la République, dans l’émission Face à la Une, présentée par Patrick Poivre d’Arvor et François Bachy sur TF1.

Le 23 juin 2009, après les élections européennes, Claude Guéant annonçait depuis le perron de l’Elysée la composition du dernier « gouvernement Sarkory » (car il est clair pour tout le monde que c’est bien le chef de l’Etat et non le premier ministre qui a composé ce gouvernement). Le secrétaire général de l’Elysée donnait alors lecture d’une liste comportant les noms de 19 ministres et 20 secrétaires d’état parmi lesquels on compte 13 femmes pour 26 hommes.

Il est évident que sur ce dossier le chef de l’Etat n’a pas respecté ses promesses de candidat tant sur un effectif restreint que sur la parité. MAIS, il y a fort à parier que le Président Sarkozy saura imposer ses engagements de campagne aux collectivités locales. La réforme en cours voulue par Nicolas Sarkozy imposera très certainement un nombre RESTREINT de conseillers territoriaux avec une PARITE hommes –femmes.

Jean-Yves Le Saout
1er adjoint au maire de Trélévern

14 août 2009

La nécessaire et urgente instauration d’un Statut du réfugié climatique

Ces dernières années, l’une des conséquences du réchauffement de la Planète est la mise en danger immédiate de certaines populations obligées de se déplacer pour survivre. Qu’il s’agisse de la montée des eaux (Tuvalu, les Iles Maldives Bengladesh, etc.), de la fonte des glaces (Népal) ou de l’augmentation de l’intensité et de la fréquence des phénomènes naturels dévastateurs (cyclone Katrina, désertification des lacs tchadiens), ces situations se développent malheureusement.

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12 août 2009

Prime à la casse: les conséquences inattendues.

jyls01-75[1]Pour soutenir l’industrie automobile dans le contexte de la crise économique actuelle le gouvernement français à mis en place fin 2008 une mesure incitative pour l’achat de véhicules neufs. Cette mesure appelée «prime à la casse» concerne les véhicules de plus de 10 ans. Il s’agit d’une aide de 1000 euros attribuée pour la destruction d’un véhicule à condition que celle-ci s’accompagne de l’achat d’une voiture neuve dont les émissions de dioxyde de carbone sont inférieures ou égales à 160 grammes par km.

Cette prime à la casse a montré un certain succès au niveau des voitures particulières puisque qu’en juin avec 235 407 immatriculations, le marché français des voitures neuves était en hausse de 7,1% par rapport à juin 2008. A noter également, toutes marques confondues, une stagnation du marché automobile français (+0.2 %) durant les six premiers mois de l’année 2009 alors que dans le contexte économique actuel on pouvait s’attendre à un réel recul des ventes de voitures neuves.

Cette prime à la casse bénéficie principalement aux véhicules d’entrée de gamme types C1 Citroën, 107 Peugeot ou twingo Renault, sans doute car cette aide est cumulable avec le «bonus» attribué aux véhicules propres émettant moins de 130 grammes de CO² par km.

Cette prime à la casse cache néanmoins des conséquences inattendues.

Il s’agit tout d’abord d’une forte diminution du marché du véhicule d’occasion. Cette aide a en effet «asséché» le parc des voitures d’occasion avec pour corollaire une augmentation significative de la cote des véhicules restant disponibles sur ce marché. Les professionnels (réparation et vente) sont les premiers a subir cette conséquence imprévue avec un niveau d’activité fortement affecté. Les jeunes venant d’obtenir leur permis de conduire sont également confrontés à un situation très particulière: peu de véhicules d’occasion sur le marché et des prix élevés pour les quelques voitures disponibles. La prime à la casse a donc retirer de la circulation des véhicules qui par leur gabarit et leur prix intéressaient les jeunes conducteurs.

Via cette aide de soutien à l’industrie automobile, les français acquièrent principalement des modèles de constructeurs français. On ne peut que se féliciter de ce comportement mais sans le savoir en privilégiant l’achat de C1, 107 et autres Twingos les français boostent et développent l’emploi en Slovénie et en Tchéquie pays dans lesquels sont assemblés les modèles d’entrée de gamme de Citroën, Peugeot et Renault. On peut donc déplorer que cette aide à l’achat de véhicules neufs ne bénéficie pas au maintien des emplois sur les sites français des conducteurs automobiles et de leurs sous-traitants.

Jean-Yves Le Saout
1er adjoint au maire de Trélévern

25 juin 2009

Versailles : L’hyper président …

Cette première réunion du Congrès sous l’empire de la nouvelle rédaction de
l’article 18 de la Constitution marque le triomphe de la conception très
personnelle qu’a le Président de la République du rôle et du fonctionnement
de nos institutions : un président qui impulse, oriente et décide dans tous
les domaines, un Gouvernement sans marges de manouvre et souvent impuissant,
un Parlement victime du fait majoritaire et qui n’influe qu’à la marge.
Comment ne pas voir dans l’organisation même de cette journée et dans la
place dévolue dans cet hémicycle à chacune des trois institutions,
l’illustration de ce qu’il est désormais convenu d’appeler l’«hyper-présidence » ?

Jamais depuis Adolphe Thiers, en 1873, un Président de la République n’avait
été autorisé à s’adresser en personne à la représentation nationale. La peur
raisonnée des parlementaires de l’époque les avait conduits, deux ans plus
tard, à proscrire la présence physique du chef de l’État dans l’hémicycle
pour couper court à toute tentation de glissement vers le présidentialisme.

Ainsi il fut permis que s’enracinât la République dans notre pays. Et c’est
cet héritage républicain, à la fois laïc et humaniste, qu’il nous revient de
préserver. Car la République est notre bien commun le plus précieux.

Ainsi, le Parlement, érigé en pouvoir constituant, a donc décidé, l’année
dernière, de mettre fin à une règle vieille de 135 années. En dépit des
vives oppositions qui s’étaient alors exprimées, le droit de la République
doit s’appliquer, car il incarne la volonté générale du peuple souverain et
de ses représentants. Je le dis avec d’autant plus de conviction que je me
suis prononcé contre la révision constitutionnelle du 21 juillet dernier.

Nul ici n’a aujourd’hui violé la Constitution. Il est donc de notre devoir
de républicain de participer à ce débat.

C’est la position unanime du plus ancien groupe parlementaire que j’ai l’honneur de présider, comme c’est aussi celle des Radicaux de gauche, ma famille politique.

Cette réunion du Congrès restera dans l’histoire comme la
première déclaration de politique générale prononcée par un Président de la
République devant les parlementaires, tâche qui incombait, jusqu’à présent,
au chef du Gouvernement. D’ores et déjà, une question se pose : que va-t-il
advenir de la fonction de Premier ministre ?

Arrivé à la moitié de son quinquennat, le Président de la République a
choisi cette date pour faire usage de cette nouvelle disposition. Le bilan
dressé de son action est, de mon point de vue, loin d’être aussi flatteur
que l’image idyllique que nous venons d’entendre, notamment de la part des
orateurs qui m’ont précédé.

Force est de constater, mes chers collègues, que je suis le seul orateur
pouvant se réclamer de l’opposition à intervenir à cette tribune, une
opposition jamais systématique, une opposition toujours constructive, une
opposition qui préfère toujours le débat au combat !

À présent, parlons d’Europe ! La présidence française de l’Union européenne
a certes été empreinte d’un dynamisme utile qu’il faut reconnaître. Le
Président de la République n’a pas ménagé ses efforts sur certains dossiers,
comme la guerre en Géorgie ou la sécurité énergétique. Mais force est de
constater que très peu de nouveaux chantiers ont été ouverts. Certains,
urgents et très attendus par les professionnels – je pense à la politique de
santé et à la PAC -, n’ont pratiquement pas évolué.

Le groupe du RDSE, qui revendique son attachement à l’Europe, s’interroge.
Quel est aujourd’hui l’avenir institutionnel de l’Europe, à l’heure où le
traité de Lisbonne reste une Arlésienne ? Comment permettre au Parlement de
prendre toute sa place ? Pourquoi ne pas élargir le mandat de la BCE à la
stabilisation macro-économique ? Autant de grands sujets auxquels le
Président de la République n’a apporté aucune réponse dans son discours.

Quoi qu’on en dise, nos compatriotes ne s’y sont pas trompés : les résultats
des dernières élections européennes ne sont flatteurs pour personne. Le
succès revendiqué par la majorité n’est qu’un trompe-l’oil, dès lors que 60
% de nos concitoyens ne se sont pas déplacés et que 73 % n’ont pas adhéré à
sa politique.

Malgré la très grave crise économique que nous traversons, le Président de
la République refuse d’infléchir une politique en total décalage avec ses
discours prônant la régulation et le retour de l’État. Le bouclier fiscal en
est la cruelle illustration, malgré une partie croissante de la majorité qui
appelle à sa suppression.

Il est certain aujourd’hui qu’une autre politique, fondée sur une
coordination des politiques économiques en Europe, aurait permis d’amortir
le terrible choc que nous subissons. Les dysfonctionnements
macro-économiques en Europe et leurs conséquences financières et monétaires
déploient leurs effets dans une crise qu’on aurait tort de n’imaginer
qu’importée des États-Unis.

Les résultats de cette politique sont malheureusement tangibles au
quotidien. Les services publics subissent les conséquences d’un détournement
de l’orthodoxie budgétaire : hier Gaz de France et AREVA, aujourd’hui la
SNCF et La Poste. À qui le tour demain ?

Je ne nie pas le besoin de réformes, mais je conteste que la seule
rentabilité l’emporte sur l’intérêt général. Je pense ici, en particulier,
aux territoires ruraux, qui ont pourtant tant besoin de services publics de
proximité et de qualité.

De la même façon, il est inacceptable que l’addition d’une
politique de dépenses publiques non maîtrisée soit payée par les
collectivités locales !

On cherche à faire croire aux Français que les collectivités sont
aujourd’hui responsables de l’explosion de la dette publique, qu’elles sont
incapables de gérer leurs budgets ou qu’elles ne savent qu’augmenter les
impôts. Rien de plus faux, quand on sait que l’État, qui a transféré de
nouvelles compétences, n’a jamais donné les moyens financiers correspondants !

Pire, les dotations compensent de moins en moins les charges
nouvelles des collectivités : plafonnement de l’enveloppe normée de la DGF,
plafonnement de la taxe sur le foncier non bâti, plafonnement de la valeur
ajoutée dans le calcul de la taxe professionnelle. Enfin, dois-je rappeler
que la RGPP s’entend autant pour l’État que pour les collectivités ?

Par ces temps difficiles, le sénateur que je suis est fier d’ouvrer à la
défense des petites communes, de plus en plus mises à mal par la dégradation
continue de leur environnement juridique et financier. Avec mes collègues du
RDSE, il ne nous a manqué que trois voix le 26 mars pour faire adopter une
proposition de loi visant à exclure les communes de moins de 2 000 habitants
du dispositif de service d’accueil des élèves. Faut-il rappeler que le
Président de la République avait lui-même promis cette mesure à l’occasion
du dernier Congrès des maires ? Personne ici ne peut me contredire.

Le récent rapport de la mission d’information du Sénat sur l’organisation et
l’évolution des collectivités locales a dégagé des propositions pour
clarifier leurs compétences. Elles ont le grand mérite de ne pas faire du
rapport de force l’unique méthode de réforme. Quelle suite sera donnée à ce
rapport ? Est-il parvenu jusqu’au Président de la République ? Ayant bien
écouté sa déclaration, j’en doute, et je le regrette.

Car, à l’inverse, le big bang territorial annoncé par le Chef de l’État
porte bien son nom et illustre tout aussi bien la méthode retenue. Rompre ou
plier : voilà l’alternative proposée, plutôt que de faire émerger un
consensus que chacun appelle de ses voeux. Et si l’on refuse de céder, voici
qu’on brandit la menace du référendum. Mais il serait absolument
inacceptable que la volonté du Parlement ne soit pas entendue, à plus forte
raison celle du Sénat qui assure « la représentation des collectivités
territoriales de la République ».

Que l’on songe aussi à la suppression de la taxe professionnelle annoncée le
5 février dernier pour le 1er janvier prochain. Alors que la loi de finances
pour 2010 est entrée dans sa phase de préparation, le Gouvernement est
incapable d’expliquer aux parlementaires et aux élus locaux quel sera le
nouveau dispositif. Or, aujourd’hui, les collectivités ont besoin des 23
milliards d’euros qu’elles représentent, surtout dans un contexte de crise.
Comment alors garantir le principe constitutionnel d’autonomie des
collectivités, si l’État vient, une nouvelle fois, substituer une dotation à
un impôt local librement déterminé ?

Nos compatriotes sont également très inquiets pour l’avenir de leur système
de retraites. La solidarité nationale n’est pas négociable : le système par
répartition ne doit pas être sacrifié. La loi Fillon est loin d’avoir réussi
le miracle annoncé, à savoir garantir l’avenir du système de retraites. Et
voici que l’on nous explique qu’il faudra travailler jusqu’à soixante-sept
ans ! Pourquoi cette annonce, alors qu’un rendez-vous avait été fixé avec
les partenaires sociaux en 2012 ? Et pourquoi priver le Parlement d’un débat
qui lui revient de droit ?

Mais, s’il est un domaine où l’activisme présidentiel interpelle, c’est bien
celui de la justice et des libertés publiques. Après la chaotique réforme de
la carte judiciaire, l’inquiétante loi sur la rétention de sûreté, la très
répressive loi sur la récidive, la très décevante réforme pénitentiaire,
voici que se profilent la suppression des avoués, le renforcement de la
répression des clandestins et la suppression du juge d’instruction.

La combinaison de ces réformes ne manque pas d’inquiéter tous ceux qui sont
attachés à la défense des droits fondamentaux et à la protection de la
dignité humaine.

Avant de conclure, je voudrais préciser que la démarche à la fois critique
et constructive dans laquelle s’inscrit mon groupe m’amène à reconnaître les
progrès accomplis depuis le début de ce quinquennat en matière de
développement durable. Sur ce sujet, nous sommes collectivement, par-delà
les clivages partisans, en train de remporter la plus difficile des
batailles : changer les mentalités pour parvenir à la révolution verte.

Enfin, les dernières propositions annoncées en faveur de la jeunesse me
semblent aller dans le bon sens. Et c’est avec satisfaction que je constate,
quelques semaines seulement après le débat qui s’est tenu au Sénat, à
l’initiative de mon groupe, que l’on préconise aujourd’hui de renforcer la
participation citoyenne des jeunes avec un véritable service civique.

Le groupe du RDSE demeure attentif et vigilant à la politique du Président
de la République. C’est pourquoi il entend faire le meilleur usage des
prérogatives que lui confère désormais son statut de groupe minoritaire, au
sens de l’article 51-1 de la Constitution.

Soucieux du respect des minorités politiques et du pluralisme sénatorial,
mon groupe continuera de privilégier le dialogue et le débat. Nous refusons
le manichéisme politique érigé en consigne de vote : voter systématiquement
contre quand on est dans l’opposition et pour quand on est dans la majorité
ne sera jamais notre marque de fabrique. De même, ceux
d’entre nous qui sont Radicaux de gauche, et donc aujourd’hui dans
l’opposition, refusent toute opposition systématique.

Le groupe du RDSE est plus que jamais fier d’être constitué de sénateurs
issus d’horizons politiques différents, mais qui tous se rassemblent sur
l’essentiel : des affinités communes mais aussi des valeurs partagées.
N’est-ce pas là l’essence même du Parlement ? C’est avec ce type d’attitudes
politiques et de comportements responsables que nous entrerons alors,
peut-être, dans l’ère trop vite annoncée de l’hyper Parlement ! Mais, pour
l’heure, ne nous y trompons pas : c’est bien l’hyper présidence qui
prédomine.

Yvon COLLIN, Président du Groupe RDSE au sénat.

11 juin 2009

La crise du lait

Alors que sévit actuellement une crise considérable chez les producteurs laitiers, LE PRG Bretagne estime légitime la colère et comprend la détresse que les producteurs manifestent depuis trois semaines. Lorsque l’on constate une diminution de 30% du prix du lait qui se traduit à peine par une diminution de 3% ou de 4% du prix de vente des produits laitiers, il convient de chercher l’erreur ! Autre ineptie du système, les producteurs sont rémunérés le mois suivant de leurs livraisons. Ainsi, c’est en prenant connaissance à la mi-mai du montant de leur rémunération pour le lait livré en avril que le mouvement de colère a pris forme et entrainé le blocage de nombreuses laiteries et grandes surfaces. Au mois d’avril, en effet, les centrales ont acheté le lait au prix de 210 euros environ les 1000 litres, faisant chuter de 30% les revenus des producteurs. N’oublions pas qu’en 2008, les producteurs avaient répondu présents quand on leur avait demandé de produire plus pour faire baisser les prix et protéger les consommateurs. En 1984, la politique agricole commune avait mis en place les quotas. Un outil, certes à améliorer, mais qui avait le mérite d´assurer des revenus décents aux agriculteurs. Les gouvernements de l´Union européenne décident aujourd´hui de leur suppression en 2015. Cette suppression des quotas modifiera la nature des relations entre producteurs et entreprises, renforçant entre autre « le pouvoir de négociation » de la grande distribution. Ce renforcement du pouvoir de la grande distribution apparaît particulièrement préoccupant alors que l’opacité des prix exaspère les producteurs et les consommateurs. L’Observatoire des prix et des marges créé en grandes pompes en mars 2008 patine et le lait illustre malheureusement bien le problème.

Johan Theuret
Président Régional Bretagne du PRG

9 juin 2009

Post Européennes

Les résultats des Européennes montrent que les citoyens ne se reconnaissent pas citoyens d’Europe. Institutions trop lointaines, trop technocratiques, divorce profond entre politiques de profession et vie quotidienne, campagne électorale minimisée par la quasi-totalité des partis hormis Europe écologie. Je reste convaincu que c’est bien la proximité et la pédagogie qui sont les meilleurs garants de la démocratie ; un travail en ce sens et dans la durée de tous les responsables publics est indispensable car, et c’est réconfortant mais il faut le répéter, les citoyens, pleins de bon sens sont capables de comprendre les directives européennes dont la fin est justement de régler leur vie quotidienne.
C’est bien une conception pragmatique et proche du citoyen (territorial, régional, national, européen) que les Radicaux de gauche vous proposent. L’avenir d’un Monde solidaire et respectueux de la qualité de l’espace que nous empruntons à nos enfants, s’il reste à imaginer dans l’action quotidienne, passera nécessairement par la responsabilité individuelle du citoyen et par l’engagement pragmatique des élus de tous niveaux qui doivent, avant tout, entendre l’écho des campagnes, l’avenir nature s’y propage.